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Transférer son compte de courtage au Canada (in-kind) sans payer d’impôt

Publié le 10 juin 2026 · 11 min de lecture · Par · Mis à jour le 20 juin 2026
⚠️ À titre informatif uniquement. Cet article présente des faits et concepts. WealthWise n'est pas un conseiller en placement inscrit. Pour toute décision d'investissement, consultez un conseiller en placement inscrit auprès de votre régulateur provincial.
Changer de courtier ne veut pas dire tout vendre. Le transfert en nature (« in-kind ») déplace tes actions et FNB tels quels d’une institution à l’autre — sans vente, donc sans impôt, même dans un compte non enregistré. Voici comment ça fonctionne, ce que ça coûte, combien de temps ça prend, et les pièges qui coûtent cher quand on les ignore.
En bref — Transfert en nature d’un compte de courtage au Canada : aucun impôt si bien exécuté, frais ~150 $ souvent remboursés, délais réels, pièges et checklist.

1. En nature ou en espèces : la décision qui change tout

Au moment de remplir le formulaire de transfert, tu dois choisir entre deux modes :

Transfert en nature (in-kind) : tes titres sont déplacés tels quels. 80 parts de XEQT chez l’ancien courtier deviennent 80 parts de XEQT chez le nouveau. Aucune vente n’a lieu, donc aucune disposition fiscale : pas de gain en capital réalisé, et ton PBR (prix de base rajusté) te suit. Tu restes investi pendant tout le processus.

Transfert en espèces (in-cash) : l’ancien courtier vend toutes tes positions et transfère l’argent. Dans un CELI ou un REER, cette vente n’a aucune conséquence fiscale (les gains y sont à l’abri). Mais dans un compte non enregistré, chaque vente est une disposition : tes gains accumulés deviennent imposables immédiatement.

CritèreEn nature (in-kind)En espèces (in-cash)
Impôt en compte non enregistréAucun — pas de dispositionGains réalisés imposables (50 % du gain ajouté au revenu)
PBR / historique de coûtConservé (à vérifier à l’arrivée)Remis à zéro — nouvelles positions à racheter
Exposition au marchéMaintenue pendant le transfertHors marché entre la vente et le rachat
ConditionLes titres doivent être offerts chez le nouveau courtierAucune — l’argent voyage partout
Frais de transactionAucune vente requiseCommissions de vente possibles selon la grille du courtier

Exemple chiffré — l’erreur à 3 700 $

Tu détiens 60 000 $ de FNB dans un compte non enregistré, achetés 40 000 $ (PBR). Tu changes de courtier :

Le transfert en espèces garde sa place dans certains cas précis : titres non offerts chez le nouveau courtier (fonds maison), positions minuscules, ou si tu comptais de toute façon vendre. Mais c’est un choix à faire en connaissance de cause, pas par défaut.

2. CELI, REER, CELIAPP : à l’abri… si le transfert est direct

Bonne nouvelle : un transfert direct d’institution à institution d’un compte enregistré n’a aucune conséquence fiscale, peu importe le mode (nature ou espèces). L’ARC n’y voit ni retrait ni cotisation. La règle d’or : laisse les institutions faire le transfert entre elles — ne touche jamais à l’argent toi-même.

CELI : un transfert direct entre deux CELI est un « transfert admissible » : tes droits de cotisation restent intacts. Le piège classique, c’est de retirer soi-même pour redéposer ailleurs : le redépôt compte alors comme une nouvelle cotisation, et les droits libérés par ton retrait ne reviennent que le 1er janvier suivant. Avec un plafond annuel de 7 000 $ en 2026, retirer 50 000 $ pour les redéposer ailleurs le mois suivant = sur-cotisation massive, pénalisée à 1 % par mois sur l’excédent.

REER : même logique, conséquences encore plus lourdes en cas d’erreur. Un retrait fait soi-même déclenche une retenue d’impôt à la source immédiate, le montant s’ajoute à ton revenu imposable de l’année, et — contrairement au CELI — les droits de cotisation sont perdus à jamais. Le transfert direct entre REER, documenté entre les institutions, évite tout ça : aucun feuillet d’impôt, aucun droit perdu.

CELIAPP : le compte d’épargne libre d’impôt pour l’achat d’une première propriété se transfère aussi directement d’une institution à l’autre, sans impact sur tes plafonds de cotisation.

3. Le processus concret : tout part du nouveau courtier

Contre-intuitif mais essentiel : c’est chez le courtier d’arrivée que tout se passe. Tu n’as (presque) rien à demander à l’ancien.

  1. Ouvre chez le nouveau courtier un compte du même type que celui à transférer : CELI vers CELI, REER vers REER, non enregistré vers non enregistré. Un transfert entre types différents serait traité comme retrait/cotisation.
  2. Remplis le formulaire de transfert du nouveau courtier (souvent 100 % en ligne). Il te faut un relevé récent de l’ancien compte : numéro de compte, type exact, nom de l’institution.
  3. Choisis le mode : en nature, en espèces, ou mixte — et transfert total ou partiel (tu peux ne déplacer que certaines positions).
  4. Le nouveau courtier transmet la demande via ATON, le réseau électronique de transfert de comptes entre institutions canadiennes. L’ancien courtier valide, gèle le compte, puis livre les titres.
  5. À l’arrivée, vérifie tout : positions, espèces résiduelles, et surtout le PBR affiché (voir les pièges plus bas).

Tu hésites encore sur la destination ? Notre guide des courtiers canadiens passe en revue les frais et comptes offerts, et notre comparatif Wealthsimple vs Questrade vs Disnat détaille les trois plateformes les plus populaires au Québec et au Canada.

Courtier quittéFrais de transfert sortant
Wealthsimple0 $
Questrade150 $ + taxes
Disnat (Desjardins)150 $ + taxes
Courtiers des grandes banquesSouvent autour de 150 $ — consulte la grille tarifaire publiée

4. Frais de transfert : ~150 $, souvent remboursés

L’ancien courtier facture généralement des frais de transfert sortant d’environ 150 $ + taxes par compte. Selon les grilles tarifaires publiées en 2026 :

Courtier quittéFrais de transfert sortant
Wealthsimple0 $
Questrade150 $ + taxes
Disnat (Desjardins)150 $ + taxes
Courtiers des grandes banquesSouvent autour de 150 $ — consulte la grille tarifaire publiée

La bonne nouvelle : le courtier d’arrivée rembourse souvent ces frais lorsque les actifs transférés dépassent un seuil fixé dans sa politique publiée. Deux réflexes :

Nuance pour les comptes enregistrés : des frais prélevés à l’intérieur d’un CELI ou d’un REER réduisent ton capital à l’abri de l’impôt. Certains courtiers permettent de les payer depuis un compte non enregistré ou un compte bancaire — une option qui préserve tes droits.

Type de transfertDélai typique
Courtier à courtier via ATON (actions, FNB)5 à 10 jours ouvrables
Institution hors ATON, fonds communs, CPG3 à 6 semaines
Régimes collectifs d’employeur, fonds de travailleursSouvent plus long — vérifier les conditions du régime
Résidus (dividendes tardifs, fractions, DRIP)+2 à 4 semaines après le transfert principal

5. Délais typiques : de 1 à 6 semaines

Type de transfertDélai typique
Courtier à courtier via ATON (actions, FNB)5 à 10 jours ouvrables
Institution hors ATON, fonds communs, CPG3 à 6 semaines
Régimes collectifs d’employeur, fonds de travailleursSouvent plus long — vérifier les conditions du régime
Résidus (dividendes tardifs, fractions, DRIP)+2 à 4 semaines après le transfert principal

Pendant le transfert, le compte d’origine est gelé : impossible d’acheter ou de vendre. En nature, tes positions restent investies — tu subis (ou profites) des mouvements de marché normalement. Si rien n’a bougé après trois semaines, relance le nouveau courtier : c’est lui qui pilote la demande.

6. Les pièges à connaître avant de signer

Fractions de parts : elles ne voyagent pas

Les fractions d’actions (courantes chez les courtiers qui offrent l’achat fractionnaire) ne passent pas par ATON. Elles sont vendues automatiquement avant le transfert et l’argent suit. En compte non enregistré, cette micro-vente est une disposition à déclarer — le gain est habituellement minime, mais il existe.

DRIP en route : suspends-le avant

Si ton plan de réinvestissement des dividendes (DRIP) est actif, un dividende versé pendant le transfert crée de nouvelles fractions… qui déclenchent un transfert résiduel des semaines plus tard. Désactive le DRIP et les cotisations automatiques quelques jours avant de lancer la demande.

Dividendes tardifs : ne ferme pas l’ancien compte trop vite

Un dividende dont la date de clôture des registres précède ton transfert peut être versé dans l’ancien compte après le déménagement des titres. Les courtiers font un « balayage résiduel » automatique, mais garde l’ancien compte ouvert quelques semaines et surveille.

Titres non transférables

Certains produits ne peuvent pas suivre : fonds maison d’une institution non distribués ailleurs, certains CPG non transférables, parts de fonds de travailleurs. Options : les conserver à l’ancienne institution, ou les vendre — en mesurant l’impact fiscal si le compte est non enregistré. Vérifie avant de lancer le transfert.

PBR erroné à l’arrivée : le piège silencieux

Après un transfert en nature, le « coût moyen » affiché chez le nouveau courtier est souvent manquant ou inexact — il ne fait pas foi pour l’ARC. Télécharge tes relevés et confirmations d’opérations avant de quitter (l’accès est souvent coupé après la fermeture du compte) et conserve ton historique de PBR. Notre guide sur le PBR et la fiscalité explique comment le calculer correctement.

Ne confonds pas transfert et cotisation en nature

Déplacer des titres de ton compte non enregistré vers ton CELI ou ton REER n’est pas un transfert de courtier : c’est une disposition réputée. Les gains deviennent imposables immédiatement — et les pertes sont refusées par la règle des pertes apparentes.

7. Checklist étape par étape

  1. Compare les courtiers d’arrivée : frais, types de comptes, titres offerts (guide complet).
  2. Vérifie la politique de remboursement des frais de transfert du nouveau courtier (seuil, démarche).
  3. Ouvre chez le nouveau courtier les comptes du même type que ceux à transférer.
  4. Suspends DRIP, cotisations automatiques et ordres en attente chez l’ancien courtier.
  5. Télécharge relevés, confirmations et historique de PBR de l’ancien compte.
  6. Remplis la demande de transfert chez le nouveau courtier : en nature, total ou partiel.
  7. Ne fais plus aucune transaction dans l’ancien compte.
  8. Suis l’avancement ; relance le nouveau courtier si rien après 3 semaines.
  9. À l’arrivée : vérifie chaque position, les fractions vendues, l’encaisse résiduelle, et corrige le PBR affiché au besoin.
  10. Réclame le remboursement des frais avec preuve, attends le balayage des résidus, puis reconnecte ton suivi de portefeuille — par exemple en connectant ton compte Wealthsimple à WealthWise en deux minutes.

Questions fréquentes

Un transfert en nature déclenche-t-il de l’impôt dans un compte non enregistré ?

Non. Les titres se déplacent sans vente : aucune disposition, aucun gain réalisé. Le PBR (prix de base rajusté) te suit. C’est le transfert en espèces — où tout est vendu — qui déclenche l’impôt sur les gains.

Mon CELI ou mon REER perd-il quelque chose pendant un transfert direct ?

Non. Un transfert direct entre institutions n’est ni un retrait ni une cotisation : droits intacts, aucun impôt. Ne retire jamais l’argent toi-même pour le redéposer ailleurs.

Combien coûte un transfert de compte de courtage ?

Environ 150 $ + taxes chez la plupart des courtiers sortants (0 $ chez certains). Le courtier d’arrivée rembourse souvent ces frais au-delà d’un seuil d’actifs — vérifie sa politique publiée avant de lancer le transfert.

Combien de temps prend un transfert de compte ?

Environ 5 à 10 jours ouvrables entre deux courtiers branchés sur ATON, jusqu’à 3 à 6 semaines pour les fonds communs, CPG ou institutions hors ATON, plus 2 à 4 semaines pour les résidus (dividendes, fractions).

Puis-je négocier pendant le transfert ?

Non. Le compte d’origine est généralement gelé dès la réception de la demande. Tes positions restent investies (en nature), mais tu ne peux ni acheter ni vendre avant la fin.

Les fractions d’actions se transfèrent-elles ?

Non. Les fractions ne passent pas par ATON : elles sont vendues automatiquement et l’argent suit. En compte non enregistré, cette micro-vente est une disposition à déclarer (gain souvent minime).

Avant, pendant et après ton transfert : garde une vue consolidée de ton portefeuille, de ton PBR et de tes dividendes.

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Sources et références

Contenu à titre éducatif. Chiffres et règles vérifiés auprès des sources officielles ci-dessus; les montants fiscaux changent chaque année.

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