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Règles d'attribution du revenu : pourquoi l'ARC récupère les revenus que tu as transférés

Publié le 25 juin 2026 · 8 min de lecture · Par · Mis à jour le 25 juin 2026
⚠️ À titre informatif uniquement. Faits et concepts généraux ; WealthWise n'est pas un conseiller en placement inscrit et ne donne aucun conseil personnalisé. Vérifie auprès des sources et consulte un professionnel avant d'agir.
En bref — Si tu donnes de l'argent à ton conjoint ou à tes enfants mineurs pour qu'ils investissent, l'ARC peut attribuer les revenus (et parfois les gains en capital) à toi plutôt qu'à eux — ce qui annule l'avantage fiscal attendu. Des solutions légitimes existent : REER de conjoint, prêts au taux prescrit, CELI, ou prise en charge des dépenses du ménage.
Imagines la situation : tu gagnes 120 000 $ par année, ton conjoint gagne 35 000 $. Tu lui vires 50 000 $ pour qu'il les place en Bourse. Les dividendes et les gains seront imposés à son taux marginal bien plus bas, non ? Pas si vite. L'Agence du revenu du Canada (ARC) a anticipé ce mouvement avec les règles d'attribution du revenu (articles 74.1 à 74.5 de la Loi de l'impôt sur le revenu). Ces règles forcent certains revenus et gains à « revenir » dans ta déclaration, comme si le transfert n'avait jamais eu lieu. Cet article t'explique le mécanisme, les différences importantes entre conjoint et enfant mineur, et les stratégies légitimes pour quand même optimiser la facture fiscale familiale. Il s'agit d'information générale, pas de conseils fiscaux personnalisés.

Comment fonctionnent les règles d'attribution, en bref

Lorsque tu transfères ou prêtes des biens (argent, actions, etc.) à ton conjoint ou à un enfant de moins de 18 ans, et que ce transfert a pour effet de réduire ton revenu imposable, l'ARC peut attribuer en retour les revenus générés par ces biens. Concrètement, ces revenus apparaissent dans ta déclaration, pas dans celle du bénéficiaire. L'attribution s'applique non seulement au don direct, mais aussi au prêt sans intérêt ou à taux inférieur au taux prescrit fixé trimestriellement par l'ARC. Le principe sous-jacent : la loi présume que si tu « donnes » de l'argent à une personne liée à faible revenu, tu le fais dans un but de fractionnement du revenu — et elle neutralise cet avantage.

Conjoint ou conjoint de fait : revenu ET gains en capital attribués

Pour un conjoint ou conjoint de fait, les règles sont les plus larges :

Exemple concret : tu donnes 20 000 $ à ton conjoint, qui les place dans un FNB. Les dividendes reçus et le gain en capital lors de la vente te reviennent fiscalement, même si l'argent est légalement dans son compte. L'avantage espéré disparaît complètement.

Conjoint / conjoint de faitEnfant mineur (moins de 18 ans)
Revenus de placement (intérêts, dividendes, loyers)Attribués à toiAttribués à toi
Gains en capital sur la disposition des biensAttribués à toiGénéralement PAS attribués — restent imposables dans les mains de l'enfant, souvent à un taux nul ou très bas
Quand l'attribution cesseCesse généralement après la séparation, pour les années suivantesPrend fin l'année où l'enfant atteint 18 ans

La distinction centrale des règles d'attribution : pour un conjoint, revenu ET gains en capital te reviennent; pour un enfant mineur, seul le revenu de placement t'est attribué — les gains en capital restent généralement à l'enfant.

Enfants mineurs : revenu attribué, gains en capital généralement non

Pour un enfant de moins de 18 ans (ou un neveu, une nièce), les règles sont partiellement différentes :

Cette distinction crée une petite fenêtre : si tu mets en place un compte de placement pour un enfant mineur en visant des titres de croissance (sans dividendes importants), les gains en capital futurs lui resteront. C'est une planification permise, mais elle demande une structure soignée — consulte un fiscaliste.

Déclenche l'attribution

  • Un don simple ou un transfert sans intérêt à ton conjoint ou enfant mineur, qu'ils investissent ensuite
  • Un prêt à ton conjoint ou enfant à un taux inférieur au taux prescrit de l'ARC
  • Un simple virement bancaire entre conjoints suivi d'un placement
  • Un prêt au taux prescrit mis en place sans entente écrite avant le premier versement d'intérêts

Reste légitime

  • Cotiser à un REER de conjoint (en respectant la règle des trois ans avant retrait)
  • Un prêt au taux prescrit correctement documenté, avec intérêts payés chaque année avant le 30 janvier
  • Donner de l'argent pour le CELI d'un conjoint ou d'un enfant
  • Payer les dépenses du ménage pour que le conjoint à revenu plus faible investisse son propre revenu d'emploi

Même objectif familial — déplacer le revenu vers le conjoint à faible revenu — mais seules certaines méthodes survivent aux règles d'attribution de l'ARC.

Les solutions légitimes pour fractionner quand même le revenu familial

Les règles d'attribution ne t'empêchent pas de tout optimiser — elles ferment certaines portes tout en en laissant d'autres ouvertes :

Ce que tu dois retenir pour ne pas avoir de mauvaises surprises

Les règles d'attribution sont automatiques — l'ARC n'a pas à prouver une intention de fraude. Dès que les conditions sont réunies, l'attribution s'applique. Quelques points clés à garder en tête :

L'objectif de ces règles n'est pas de punir les familles, mais d'assurer que l'impôt est payé par la personne qui a réellement gagné le revenu. Bien comprises, elles permettent quand même une planification efficace — dans les limites prévues par la loi.

Questions fréquentes

Est-ce que donner de l'argent à mon conjoint pour son CELI déclenche l'attribution du revenu ?

Non. Les règles d'attribution ne s'appliquent pas aux revenus gagnés à l'intérieur d'un CELI, car ces revenus sont de toute façon exonérés d'impôt pour le titulaire. Contribuer au CELI de ton conjoint est une stratégie de fractionnement légale et sans friction fiscale.

Mon enfant de 16 ans vend des actions et fait un gain en capital. Ce gain m'est-il attribué ?

Généralement non. Pour les enfants mineurs, seuls les revenus de placement (intérêts, dividendes) sont attribués au parent donateur. Les gains en capital restent imposables dans les mains de l'enfant. Cela dit, si l'enfant réinvestit et génère ensuite des dividendes, ceux-ci pourraient être attribués — la situation peut devenir complexe, consulte un fiscaliste.

Qu'est-ce que le taux prescrit et comment fonctionne le prêt au taux prescrit ?

Le taux prescrit est un taux d'intérêt fixé chaque trimestre par l'ARC. Si tu prêtes de l'argent à ton conjoint (ou à une fiducie familiale) à ce taux, avec une entente écrite et des intérêts payés annuellement avant le 30 janvier, les revenus de placement générés restent imposables dans ses mains. Consulte TaxTips.ca ou un fiscaliste pour les détails de mise en place.

Les règles d'attribution s'appliquent-elles après une séparation ?

Non. En général, une fois que les conjoints sont séparés ou divorcés, l'attribution cesse pour les années suivantes. Les revenus et gains générés après la séparation appartiennent fiscalement à celui qui détient les biens. Les modalités exactes dépendent des circonstances — un conseiller fiscal peut clarifier la situation.

Sources et références

Contenu éducatif ; vérifie les chiffres auprès des sources officielles avant d'agir.