Marchés émergents et diversification internationale : ce que tout investisseur canadien devrait savoir
Le Canada : un marché petit et concentré
Le marché boursier canadien (S&P/TSX Composite) est dominé par deux secteurs : les services financiers (banques, assureurs) et l'énergie (pétrole, gaz). Ensemble, ces deux secteurs représentent souvent plus de 50 % de l'indice. Cette concentration signifie que si le prix du pétrole chute ou que les taux d'intérêt pèsent sur les banques, tout ton portefeuille en souffre. Par comparaison, les marchés américains, européens et asiatiques offrent une exposition bien plus large à la technologie, à la santé, aux biens de consommation et aux énergies renouvelables — des secteurs quasi absents du TSX.
| Marchés développés | Marchés émergents | |
|---|---|---|
| Exemples | États-Unis, zone euro, Japon, Australie | Chine, Inde, Brésil, Mexique, Corée du Sud, Taïwan |
| Pondération typique dans un portefeuille mondial | 80 à 90 % | Croissance plus rapide, part plus petite |
| Forces principales | Économies stables, gouvernance d'entreprise rigoureuse, liquidité élevée | Croissance du PIB plus rapide, classe moyenne en expansion |
| Risques principaux | Potentiel de croissance plus faible | Risque politique, volatilité des devises et opacité réglementaire plus élevés |
Les deux catégories sont généralement détenues ensemble, et non l'une à la place de l'autre.
Pourquoi diversifier à l'international ?
La diversification internationale réduit le risque de concentration en répartissant tes placements dans des économies qui évoluent souvent différemment. Lorsque le Canada traverse une récession liée aux matières premières, l'Asie ou l'Europe peuvent afficher des performances contraires. Voici les grands blocs à connaître :
- Marchés développés (ex. : États-Unis, zone euro, Japon, Australie) — Économies stables, gouvernance d'entreprise rigoureuse et liquidité élevée. Ils constituent généralement 80 à 90 % d'un portefeuille mondial.
- Marchés émergents (ex. : Chine, Inde, Brésil, Mexique, Corée du Sud, Taïwan) — Croissance du PIB plus rapide, classe moyenne en expansion, mais aussi risque politique, volatilité des devises et opacité réglementaire plus élevés.
L'ajout des deux catégories à ton portefeuille te permet de participer à la croissance mondiale plutôt que de miser uniquement sur l'économie canadienne.
| Mesure | Part des marchés émergents |
|---|---|
| Part de la production économique mondiale (Banque Mondiale) | Plus de 40 % |
| Part de la capitalisation boursière mondiale | Environ 11 à 12 % |
L'écart entre le poids économique et le poids boursier est précisément l'occasion — et le potentiel de rattrapage — sur lequel repose l'investissement en marchés émergents.
Les marchés émergents : potentiel élevé, risque élevé
Les marchés émergents (ME) regroupent des pays dont le PIB par habitant est encore en développement, mais dont la croissance économique dépasse souvent celle des pays riches. L'Inde, par exemple, est l'une des économies à la croissance la plus rapide au monde depuis plusieurs années. La Chine reste la deuxième économie mondiale en valeur nominale. Ces pays représentent collectivement plus de 40 % de la production économique mondiale (source : Banque Mondiale), mais seulement environ 11 à 12 % de la capitalisation boursière mondiale — ce qui reflète à la fois leur sous-représentation en Bourse et leur potentiel de rattrapage.
Cela dit, investir dans les ME comporte des risques distincts :
- Risque politique — changements réglementaires soudains, nationalisation, tensions géopolitiques (ex. : réglementation chinoise sur les entreprises technologiques en 2021).
- Volatilité des devises — les monnaies locales peuvent se déprécier rapidement face au dollar canadien.
- Liquidité plus faible — certains marchés sont moins faciles à négocier que les Bourses nord-américaines.
Ces risques ne signifient pas qu'il faut éviter les ME, mais qu'il faut les intégrer dans la bonne proportion et avec un horizon à long terme.
Combien de marchés émergents dans un portefeuille typique ?
Un portefeuille indiciel mondial pondéré par la capitalisation alloue généralement environ 10 à 13 % aux marchés émergents. C'est la pondération approximative qu'on retrouve dans un FNB tout-en-un comme XEQT vs VEQT vs VFV. Par exemple, XEQT (iShares Core Equity ETF Portfolio) détient des centaines d'entreprises de marchés émergents via son exposition à l'indice MSCI Emerging Markets. VEQT (Vanguard All-Equity ETF Portfolio) fait de même. Ces fonds rééquilibrent automatiquement l'exposition entre les régions, sans que tu aies à gérer plusieurs FNB séparément.
Si tu veux une surpondération délibérée aux ME — parce que tu crois en leur potentiel à long terme — tu peux ajouter un FNB dédié comme XEC (iShares MSCI Emerging Markets ETF) ou VEE (Vanguard FTSE Emerging Markets All Cap Index ETF) à ton portefeuille.
Pencher FNB tout-en-un (XEQT, VEQT) si tu veux...
- Un seul fonds contenant des milliers d'actions mondiales dans des proportions pondérées par la capitalisation
- L'option la plus simple dans l'ensemble
- Une solution adaptée aux REER, CELI ou REEE sans gestion supplémentaire
Pencher approche multi-FNB si tu veux...
- Combiner des FNB distincts : canadien (XIU), américain (XUU ou VFV), international développé (XEF ou VIU) et marchés émergents (XEC ou VEE)
- Un contrôle précis de tes pondérations régionales
- Accepter une gestion plus active en échange de ce contrôle
Comment obtenir une exposition internationale simplement
Il existe deux grandes approches pour les investisseurs canadiens :
- FNB tout-en-un (XEQT, VEQT) — Un seul fonds contient des milliers d'actions mondiales (Canada, États-Unis, marchés développés internationaux, marchés émergents) dans des proportions pondérées par la capitalisation. C'est l'option la plus simple, idéale pour les portefeuilles REER, CELI ou REEE.
- Approche à plusieurs FNB — Tu combines, par exemple, un FNB canadien (XIU), un FNB américain (XUU ou VFV), un FNB international développé (XEF ou VIU) et un FNB marchés émergents (XEC ou VEE). Cela demande plus de gestion, mais offre un contrôle plus précis des pondérations.
Dans les deux cas, l'objectif est le même : éviter que la performance de ton portefeuille dépende quasi entièrement des secteurs de la finance et de l'énergie au Canada. La diversification géographique n'élimine pas le risque, mais elle le répartit de manière plus intelligente à travers l'économie mondiale.
Questions fréquentes
Pourquoi le Canada est-il considéré comme un marché concentré ?
Le S&P/TSX Composite est dominé par les secteurs financier et énergétique, qui représentent souvent plus de 50 % de l'indice. Cette concentration signifie qu'un choc dans ces secteurs (chute du pétrole, hausse de taux) affecte fortement l'ensemble du marché canadien.
Les marchés émergents sont-ils trop risqués pour un investisseur ordinaire ?
Pas nécessairement. Les ME comportent plus de volatilité et de risque politique, mais une petite allocation (10-15 %) via un FNB diversifié comme XEC ou via un tout-en-un comme XEQT peut améliorer le profil rendement/risque d'un portefeuille à long terme sans vous exposer excessivement à un seul pays.
Quelle est la différence entre marchés développés et marchés émergents ?
Les marchés développés (États-Unis, Europe, Japon, Australie) ont des économies matures, une gouvernance stable et des marchés financiers très liquides. Les marchés émergents (Chine, Inde, Brésil, Mexique) ont une croissance du PIB plus rapide, mais une stabilité politique et réglementaire plus variable, et des devises plus volatiles.
Est-ce que XEQT ou VEQT contiennent déjà des marchés émergents ?
Oui. XEQT d'iShares et VEQT de Vanguard incluent tous les deux une exposition aux marchés émergents via des fonds sous-jacents qui suivent des indices comme le MSCI Emerging Markets. La pondération est généralement de 10 à 13 % du portefeuille total, ce qui correspond à leur poids dans la capitalisation boursière mondiale.
Sources et références
- Vanguard Canada
- iShares (BlackRock) Canada
- MSCI — Emerging Markets Index
- Banque Mondiale — données économiques
Contenu éducatif ; vérifie les chiffres auprès des sources officielles avant d'agir.