💼 Fiscalité

Intérêts, dividendes et gains en capital : la fiscalité canadienne expliquée

Publié le 26 juin 2026 · 8 min de lecture · Par · Mis à jour le 26 juin 2026
⚠️ À titre informatif uniquement. Faits et concepts généraux ; WealthWise n'est pas un conseiller en placement inscrit et ne donne aucun conseil personnalisé. Vérifie auprès des sources et consulte un professionnel avant d'agir.
En bref — Au Canada, tous les revenus de placement ne sont pas imposés de la même façon. Les intérêts sont les moins avantageux fiscalement, les dividendes canadiens bénéficient d’un crédit d’impôt, et les gains en capital sont les plus efficaces — seulement environ 50 % est imposable et tu contrôles le moment de la vente.
Quand tu investis dans un compte non enregistré, l’impôt que tu paies dépend du type de revenu généré. Un dollar d’intérêt, un dollar de dividende et un dollar de gain en capital ne se valent pas du tout sur ta déclaration de revenus. Comprendre cette différence, c’est l’une des bases les plus importantes de la planification fiscale personnelle au Canada.

Les trois types de revenus de placement

Dans un compte non enregistré (aussi appelé compte imposable), tu peux recevoir trois grandes catégories de revenus :

Chacune de ces catégories est traitée différemment par l’Agence du revenu du Canada (ARC). Voici comment.

Les intérêts : le revenu le moins efficace fiscalement

Les intérêts sont imposés à ton taux marginal d’imposition complet — exactement comme un salaire. Si ton taux marginal combiné fédéral-provincial est de 40 %, chaque dollar d’intérêt te coûte 40 cents en impôt.

C’est pourquoi les placements générant des intérêts (CPG, obligations, CEIE) sont généralement les premiers candidats à abriter dans un REER ou un CELI, où la croissance est à l’abri de l’impôt. Consulte notre article sur comment les revenus de placement sont imposés au Canada pour le tableau complet.

Les dividendes canadiens admissibles : un crédit d’impôt avantageux

Les dividendes versés par des sociétés canadiennes cotées en bourse bénéficient généralement du crédit d’impôt pour dividendes, un mécanisme conçu pour éviter la double imposition. La mécanique fonctionne ainsi :

  1. Tu reçois un dividende de, disons, 100 $.
  2. Tu dois le majorer (grossed-up) d’un pourcentage prescrit par l’ARC pour obtenir le dividende majoré.
  3. Le dividende majoré s’ajoute à ton revenu imposable.
  4. Tu appliques ensuite le crédit d’impôt pour dividendes (fédéral + provincial) directement contre ton impôt à payer.

Le résultat net : à revenus équivalents, un dividende canadien admissible est généralement imposé à un taux effectif inférieur aux intérêts. Le taux exact dépend de ta province et de ton revenu total — confirme toujours les chiffres actuels avec l’ARC ou un fiscaliste. Pour plus de détails, lis notre article sur le crédit d’impôt pour dividendes canadiens.

Pencher vers les dividendes canadiens admissibles

  • Versés par des sociétés canadiennes cotées en bourse
  • Bénéficient du crédit d'impôt pour dividendes, qui évite la double imposition
  • Généralement imposés à un taux effectif inférieur aux intérêts, à revenus équivalents
  • À privilégier dans un compte non enregistré, où l'avantage fiscal est pleinement réalisé

Pencher vers les dividendes étrangers

  • Versés par des sociétés étrangères (entreprises américaines, européennes, etc.)
  • PAS admissibles au crédit d'impôt pour dividendes canadien
  • Imposés comme des intérêts, à ton taux marginal complet
  • Souvent assujettis à une retenue d'impôt étrangère à la source (par exemple, 15 % aux États-Unis pour les Canadiens)
  • Mieux adaptés à un compte enregistré comme un REER, où la retenue américaine est évitée

Tous les dividendes ne se valent pas au moment de l'impôt — leur origine change tout.

Les dividendes étrangers : une histoire différente

Les dividendes versés par des sociétés étrangères (entreprises américaines, européennes, etc.) ne sont PAS admissibles au crédit d’impôt pour dividendes canadien. Ils sont imposés comme des intérêts — à ton taux marginal complet. De plus, une retenue d’impôt à la source est souvent prélevée par le pays étranger (par exemple, 15 % aux États-Unis pour les Canadiens). Tu peux généralement réclamer un crédit pour impôt étranger, mais cela reste moins avantageux que les dividendes canadiens en compte non enregistré.

Les gains en capital : le revenu le plus efficace fiscalement

Les gains en capital sont le type de revenu de placement le plus favorisé par la loi fiscale canadienne, pour deux raisons fondamentales :

Note importante : le gouvernement a proposé des modifications au taux d’inclusion dans des budgets fédéraux récents. Vérifie toujours le taux d’inclusion en vigueur auprès de l’ARC ou d’un professionnel fiscal avant de planifier une disposition. Notre article sur l’imposition des gains en capital au Canada couvre les détails.

Tableau comparatif : efficacité fiscale par type de revenu

Type de revenuTraitement fiscalEfficacité fiscaleMeilleur compte
Intérêts (CPG, obligations, CEIE)100 % imposable au taux marginalMoins avantageuseREER / CELI
Dividendes étrangers100 % imposable + retenue étrangère possiblePeu avantageuseREER (retenue US évitée)
Dividendes canadiens admissiblesMajorés + crédit d’impôt pour dividendesModérément avantageuseCompte non enregistré
Gains en capital~50 % seulement imposable; timing contrôléLa plus avantageuseCompte non enregistré

Dans ton REER ou CELI

  • Mets en priorité les placements générant des intérêts (obligations, CPG, CEIE)
  • Mets en priorité les dividendes étrangers
  • Leur traitement fiscal défavorable en compte non enregistré est ainsi évité

Dans ton compte non enregistré

  • Favorise les actions canadiennes à dividendes admissibles
  • Favorise les placements de croissance dont les gains en capital seront réalisés à long terme
  • Cette stratégie ne change pas tes rendements bruts, mais elle peut réduire significativement ta facture fiscale annuelle

Même portefeuille, facture fiscale différente — selon le compte qui détient quoi.

La stratégie pratique : l’emplacement des actifs

Cette différence fiscale mène directement au concept d’emplacement des actifs (asset location) : placer chaque type de placement dans le compte où son traitement fiscal sera le plus avantageux.

Cette stratégie ne change pas tes rendements bruts, mais elle peut réduire significativement ta facture fiscale annuelle. Consulte notre article détaillé sur l’emplacement des actifs au Canada pour approfondir le sujet.

Important : la fiscalité canadienne est complexe et évolue — les taux, les crédits et les règles peuvent changer. Consulte toujours l’ARC (canada.ca) ou un fiscaliste qualifié avant de prendre des décisions importantes.

Questions fréquentes

Quel type de revenu de placement est le plus efficace fiscalement au Canada ?

Les gains en capital sont généralement les plus avantageux : seulement une partie du gain (environ 50 % en vertu du taux d’inclusion actuel — vérifie auprès de l’ARC) est imposable, et tu choisis le moment de la vente. Les dividendes canadiens admissibles viennent ensuite grâce au crédit d’impôt pour dividendes. Les intérêts sont les moins avantageux car ils sont imposés à 100 % à ton taux marginal.

Les dividendes sont-ils toujours imposés moins que les intérêts ?

Pas nécessairement. Les dividendes canadiens admissibles bénéficient du crédit d’impôt pour dividendes et sont généralement imposés à un taux effectif inférieur aux intérêts, mais le résultat exact dépend de ton revenu total, de ta province et de ton taux marginal. Consulte un fiscaliste pour ta situation personnelle.

Les dividendes américains (ex. : FNB S&P 500) sont-ils admissibles au crédit d’impôt canadien ?

Non. Les dividendes versés par des sociétés étrangères, y compris les entreprises américaines, ne sont pas admissibles au crédit d’impôt pour dividendes canadien. Ils sont imposés comme des intérêts à ton taux marginal. Une retenue d’impôt américaine de 15 % est aussi généralement prélevée à la source.

Qu’est-ce que l’emplacement des actifs ?

L’emplacement des actifs consiste à répartir stratégiquement tes placements selon leur type de revenu et le régime fiscal de chaque compte. L’objectif est de loger les placements à revenu d’intérêt dans des comptes enregistrés (REER, CELI) pour éviter l’impôt immédiat, et de conserver les placements générant des dividendes canadiens ou des gains en capital dans le compte non enregistré.

Un gain en capital est-il imposé l’année où la valeur monte ou l’année où je vends ?

Seulement l’année où tu vends (ou disposes de) le placement. Tant que tu conserves ton actif, aucun impôt sur le gain n’est dû — peu importe combien sa valeur a augmenté. C’est l’un des grands avantages des placements en croissance : tu contrôles le moment de la réalisation du gain.

Dois-je déclarer mes revenus de placement de compte non enregistré à l’ARC ?

Oui. Tous les intérêts, dividendes et gains en capital réalisés dans un compte non enregistré doivent être déclarés dans ta déclaration de revenus annuelle. Ton courtier t’enverra des feuillets (T5, T3, T5008) pour t’aider à tout déclarer correctement.

Sources et références

Contenu éducatif ; vérifie les chiffres auprès des sources officielles avant d'agir.