💼 Fiscalité

Retenue américaine de 15 % sur les dividendes : CELI, REER ou non-enregistré ?

Publié le 10 juin 2026 · 8 min de lecture · Par · Mis à jour le 20 juin 2026
⚠️ À titre informatif uniquement. Cet article présente des faits et concepts. WealthWise n'est pas un conseiller en placement inscrit. Pour toute décision d'investissement, consultez un conseiller en placement inscrit auprès de votre régulateur provincial.
Chaque fois qu’une société américaine te verse un dividende, le fisc américain en garde une partie avant même que l’argent touche ton compte. Cette retenue à la source de 15 % est invisible sur ton relevé si tu ne la cherches pas — et le compte où tu détiens tes titres américains détermine si tu la récupères, si tu l’évites… ou si tu la perds pour toujours.
En bref — Retenue américaine de 15 % sur les dividendes : pourquoi le REER y échappe mais pas le CELI, exemple chiffré VTI, cas XEQT et crédit pour impôt étranger.

Ce qui arrive vraiment à un dividende américain au taux de la convention

Retenu par le fisc américain à la source 15%Versé dans ton compte 85%
30%Taux par défaut sans formulaire W-8BEN valide
$150Perdus par 1 000 $ de dividendes en CELI, selon l'exemple chiffré

1. D’où vient cette retenue de 15 % ?

Par défaut, les États-Unis retiennent 30 % sur les dividendes versés aux non-résidents. La convention fiscale Canada–États-Unis réduit ce taux à 15 % pour les résidents canadiens, à condition que ton courtier ait un formulaire W-8BEN à ton dossier. Bonne nouvelle : pratiquement tous les courtiers canadiens te le font signer à l’ouverture du compte et le renouvellent environ tous les trois ans. Tu n’as rien à calculer — la retenue est prélevée à la source, et tu reçois 85 % du dividende.

Précision importante : la retenue vise les dividendes et certaines distributions, pas les gains en capital. Vendre une action américaine avec profit ne déclenche aucun impôt américain pour un résident canadien.

Pencher vers le REER pour les actions américaines à dividendes

  • REER, FERR, CRI : 0 % de retenue sur les dividendes américains — à condition de détenir les titres américains directement
  • En REER, ils ne sont jamais prélevés — le dividende complet continue de composer à l’abri de l’impôt jusqu’au retrait
  • L’exemption du REER vaut seulement pour les titres américains détenus directement, comme VTI ou VOO cotés en bourse américaine

Pencher vers le CELI pour les actions américaines de croissance (pas les payeuses de dividendes)

  • CELI, CELIAPP, REEE : retenue de 15 %. Et comme le revenu n’y est pas imposable au Canada, aucun crédit ne peut la compenser : l’argent est perdu définitivement
  • Les gains en capital, eux, ne subissent aucune retenue

2. Pourquoi le REER est exempté — mais pas le CELI

L’article XXI de la convention fiscale exempte de retenue les régimes de retraite reconnus : le REER, le FERR et le CRI. Aux yeux du fisc américain, le CELI et le CELIAPP ne sont pas des régimes de retraite : ce sont des comptes d’épargne ordinaires. Concrètement :

C’est le paradoxe à retenir : le CELI, vedette de l’épargne libre d’impôt (plafond de 7 000 $ en 2026 — voir notre guide CELI), est le pire compte du point de vue de la retenue américaine, tandis que le REER (plafond 2026 : 33 810 $ — voir notre guide REER) en est totalement exempté.

3. La condition que beaucoup oublient : détenir le titre américain directement

L’exemption du REER s’applique seulement si le payeur américain « voit » ton REER. C’est le cas quand tu détiens :

Si tu détiens plutôt un FNB canadien qui investit aux États-Unis (VFV, XUU, ou un tout-en-un comme XEQT), la retenue est prélevée à l’intérieur du fonds, avant que le dividende ne t’atteigne. Le fisc américain voit un fonds canadien — pas ton REER. Résultat : VFV dans un REER subit la retenue ; VTI dans un REER ne la subit pas.

Le compromis : détenir VTI exige des dollars américains, donc une conversion de devises — qui coûte souvent 1,5 % chez plusieurs courtiers, sauf à utiliser la technique du Norbert’s Gambit.

4. Exemple chiffré : 1 000 $ de dividendes VTI dans chaque compte

Supposons que ton placement en VTI (FNB américain de marché total) te verse 1 000 $ US de dividendes dans l’année. Voici ce qui se passe selon le compte (taux marginal illustratif de 40 % pour le non-enregistré) :

CompteRetenue à la sourceReçu dans le compteCrédit récupérableCoût réel de la retenue
REER / FERR0 $1 000 $s.o.0 $
CELI150 $850 $0 $150 $ perdus
CELIAPP150 $850 $0 $150 $ perdus
Non-enregistré150 $850 $150 $0 $*

* Le dividende complet de 1 000 $ reste imposable au taux marginal comme revenu ordinaire : 400 $ d’impôt canadien, moins le crédit de 150 $, donc 250 $ à payer en plus de la retenue. Charge totale : 400 $ — la retenue n’ajoute rien, elle est simplement « avancée » au fisc américain.

En clair : en CELI ou CELIAPP, les 150 $ s’évaporent. En non-enregistré, ils sont défalqués de ton impôt canadien. En REER, ils ne sont jamais prélevés — le dividende complet continue de composer à l’abri de l’impôt jusqu’au retrait.

FNBExposition aux actions américainesCoût annuel de la retenue
VFV (FNB S&P 500)100 % d'actions américaines, rendement en dividendes ~1,3 %environ 0,20 % par an de l'actif
XEQT (FNB tout-en-un)≈46 % d'actions américainesde l'ordre de 0,10 % par an de l'actif

5. Et les FNB canadiens qui détiennent du US ? Le cas XEQT

Les tout-en-un canadiens comme XEQT (environ 46 % d’actions américaines) ou VEQT subissent la retenue au niveau du fonds, peu importe ton compte. Même dans un REER, impossible de la récupérer : pour profiter de l’exemption, il faudrait détenir la portion américaine via un FNB coté aux États-Unis.

Ordre de grandeur du coût annuel, en CELI ou en REER :

En compte non-enregistré, par contre, la retenue payée à l’intérieur du FNB canadien t’est attribuée sur ton feuillet T3 (case « impôt étranger payé ») et redevient récupérable via le crédit pour impôt étranger. Pour comparer ces fonds en détail — frais, répartition, fiscalité par compte — consulte notre comparatif XEQT vs VEQT vs VFV.

6. En non-enregistré : le crédit pour impôt étranger

Dans un compte imposable, la retenue de 15 % n’est pas une perte sèche. À la déclaration, tu réclames le crédit fédéral pour impôt étranger (formulaire T2209) et, au Québec, son équivalent provincial (TP-772). Le crédit compense l’impôt déjà payé aux États-Unis, généralement jusqu’à concurrence de 15 % du revenu étranger. Si 30 % a été retenu faute de W-8BEN valide, l’excédent au-delà de 15 % ne se récupère pas auprès de l’ARC — il faut le réclamer directement au fisc américain.

Attention toutefois : les dividendes américains sont imposés comme du revenu ordinaire, au plein taux marginal. Ils n’ont pas droit au traitement avantageux des dividendes canadiens — majoration et crédit d’impôt — expliqué dans notre guide du crédit d’impôt pour dividendes canadiens.

7. Tableau récapitulatif par compte

CompteFNB américain détenu directement (VTI, VOO)FNB canadien détenant du US (VFV, XEQT)Retenue récupérable ?
REER / FERR / CRI0 % (exemption du traité)15 % au niveau du fondsNon (perdue si FNB canadien)
CELI15 %15 %Non — perte définitive
CELIAPP15 %15 %Non — perte définitive
REEE15 %15 %Non
Non-enregistré15 %15 %Oui — crédit pour impôt étranger

8. Garder l’ordre de grandeur en tête

La retenue américaine coûte entre 0,10 % et 0,30 % par an selon le fonds et le compte — réel, mais loin d’être le seul facteur. Frais de conversion de devises, ratio de frais de gestion, simplicité d’un FNB tout-en-un et discipline d’épargne pèsent souvent davantage sur le résultat final. L’important est de savoir ce que chaque compte te coûte réellement — pas de réorganiser tout un portefeuille pour quelques points de base.

💡 Combien la retenue gruge-t-elle ton portefeuille ? WealthWise suit tes dividendes par compte — CELI, REER, non-enregistré — et te montre ton rendement net réel, retenues étrangères comprises.

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Questions fréquentes

Mon CELI est-il vraiment libre d’impôt si je détiens des actions américaines ?

Libre d’impôt canadien, oui. Mais la retenue américaine de 15 % s’applique sur les dividendes US et n’est jamais récupérable en CELI. Les gains en capital, eux, ne subissent aucune retenue.

Faut-il remplir un formulaire pour obtenir le taux de 15 % au lieu de 30 % ?

Oui, le formulaire W-8BEN. La plupart des courtiers canadiens le font signer à l’ouverture du compte et le renouvellent environ tous les trois ans. Sans W-8BEN valide, la retenue grimpe à 30 %.

Mon REER échappe-t-il à la retenue si je détiens VFV ?

Non. VFV est un FNB canadien : la retenue de 15 % est prélevée à l’intérieur du fonds, avant que le dividende t’atteigne. L’exemption du REER vaut seulement pour les titres américains détenus directement, comme VTI ou VOO cotés en bourse américaine.

Le CELIAPP profite-t-il de l’exemption comme le REER ?

Non. La convention fiscale Canada–États-Unis ne couvre que les régimes de retraite (REER, FERR, CRI). Le CELIAPP, le CELI et le REEE subissent la retenue de 15 %, sans aucun crédit possible.

La retenue de 15 % s’applique-t-elle aux gains en capital ?

Non. Elle vise uniquement les dividendes et certaines distributions. Vendre VTI avec profit dans un CELI ne déclenche aucun impôt américain pour un résident canadien.

Combien la retenue coûte-t-elle concrètement par année ?

Ordre de grandeur : environ 0,20 % par an sur un FNB 100 % américain à 1,3 % de rendement en dividendes, et de l’ordre de 0,10 % par an sur un FNB tout-en-un comme XEQT. Sur 50 000 $ de VFV en CELI, c’est environ 100 $ par année.

Sources et références

Contenu à titre éducatif. Chiffres et règles vérifiés auprès des sources officielles ci-dessus; les montants fiscaux changent chaque année.

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