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Krach boursier : quoi faire (et ne pas faire) pendant un marché baissier

Publié le 25 juin 2026 · 8 min de lecture · Par · Mis à jour le 25 juin 2026
⚠️ À titre informatif uniquement. Faits et concepts généraux ; WealthWise n'est pas un conseiller en placement inscrit et ne donne aucun conseil personnalisé. Vérifie auprès des sources et consulte un professionnel avant d'agir.
En bref — Les marchés baissiers sont normaux, douloureux et historiquement suivis de reprises — la pire réaction est de vendre sous le coup de la panique, car ça transforme des pertes temporaires en pertes permanentes.
Le S&P 500 a perdu plus de 50 % de sa valeur en 2008-2009. En mars 2020, les bourses mondiales ont chuté de près de 34 % en quelques semaines à peine. Chaque fois, des millions d'investisseurs ont eu envie de tout vendre et d'attendre que « ça se calme ». Et chaque fois, ceux qui ont tenu le coup ont été récompensés — parfois spectaculairement. Cet article n'est pas un conseil financier, mais un guide éducatif pour comprendre la psychologie des marchés baissiers et les principes généralement reconnus pour traverser ces périodes sans saborder ton avenir financier.

Pourquoi ton cerveau veut fuir — et pourquoi il a tort

La psychologie comportementale a un nom pour ce que tu ressens quand ton portefeuille plonge : l'aversion aux pertes. Des recherches pionnières des économistes Daniel Kahneman et Amos Tversky ont montré que la douleur d'une perte financière est environ deux fois plus intense que le plaisir d'un gain équivalent. Autrement dit, perdre 5 000 $ fait psychologiquement deux fois plus mal que gagner 5 000 $ fait du bien.

Ce biais est gravé dans notre cerveau depuis des millénaires — fuir le danger immédiat était une stratégie de survie. Sauf que les marchés financiers ne fonctionnent pas comme une menace physique. Vendre en panique ne te sauve pas : ça cristallise la perte. Tant que tu n'as pas vendu, la baisse reste théorique (une « perte sur papier »). Dès que tu vends, la perte devient réelle et permanente — et tu rates ensuite la reprise.

KrachBaisseTemps de reprise
Krach de 1987 (Lundi Noir)-22 % en une seule journéeMoins de 2 ans
Éclatement de la bulle technologique (2000-2002)-49 % (S&P 500)5 à 6 ans
Crise financière mondiale (2008-2009)-57 %Reprise complète vers 2013
Krach COVID-19 (mars 2020)-34 % en 33 joursMoins de 6 mois

Historiquement, chaque grand marché baissier depuis 1929 a fini par être suivi d'une reprise, mais le délai varie énormément — de moins de six mois à cinq ou six ans. Les performances passées ne garantissent pas les résultats futurs.

Les krachs sont normaux : un regard sur l'histoire

Depuis 1929, les marchés boursiers nord-américains ont traversé de nombreux marchés baissiers majeurs (définition classique : baisse d'au moins 20 % par rapport au sommet). Voici quelques exemples historiques :

Il est important de souligner que les performances passées ne garantissent pas les résultats futurs. Rien n'assure qu'une reprise surviendra dans un délai donné, ni même qu'elle surviendra du tout pour un titre particulier. Cependant, les grandes économies diversifiées ont historiquement toujours fini par se remettre de leurs crises. C'est l'argument central en faveur de la patience — non pas une garantie, mais un solide historique.

Rester investi et continuer ses cotisations : acheter à rabais

Pendant un marché baissier, chaque cotisation automatique à ton REER, ton CELI ou ton régime de retraite achète des parts à prix réduit. C'est le principe de la moyenne d'achat périodique : en investissant un montant fixe à intervalles réguliers (plutôt que de tenter de « timer le marché »), tu achètes automatiquement plus d'unités quand les prix sont bas et moins quand ils sont élevés.

Tenter de chronométrer le marché est notoirement difficile, même pour les professionnels. Une étude de Vanguard a montré à maintes reprises que les investisseurs qui tentent d'entrer et sortir du marché au bon moment sous-performent en moyenne ceux qui restent investis sur le long terme. Manquer seulement les dix meilleures journées boursières sur vingt ans peut amputer ton rendement de façon dramatique — et ces journées surviennent souvent dans les semaines qui suivent les pires krachs.

Le fonds d'urgence : ta première ligne de défense

La raison principale pour laquelle les gens sont forcés de vendre pendant un krach, c'est qu'ils ont besoin de cet argent pour vivre. C'est là qu'un fonds d'urgence solide (généralement trois à six mois de dépenses essentielles dans un compte épargne à intérêt élevé ou un CPG à court terme) change tout.

les organismes canadiens d'éducation financière recommandent de constituer ce coussin financier avant même de commencer à investir en bourse. C'est un fondement, pas un luxe.

Pencher vers : horizon long

  • Rester investi est généralement la stratégie recommandée pendant un marché baissier.
  • Continuer (ou même augmenter) ses cotisations régulières peut permettre d'acheter des parts à prix réduit — le principe de la moyenne d'achat périodique.
  • Manquer seulement les dix meilleures journées boursières sur vingt ans peut amputer le rendement de façon dramatique, et ces journées surviennent souvent juste après les pires krachs.
  • Évite de vérifier ton portefeuille tous les jours — l'observation fréquente augmente l'anxiété et la tentation de réagir impulsivement.

Pencher vers : à 5-10 ans de la retraite (ou déjà à la retraite)

  • Ta situation est différente et mérite une attention particulière : c'est le risque de séquence des rendements.
  • Si un krach survient juste avant ou au début de la retraite, puiser dans son portefeuille signifie vendre des parts au creux, sans avoir le temps de récupérer.
  • Les conseillers financiers recommandent généralement de diversifier vers des obligations, des CPG et de l'encaisse à mesure qu'on approche de la retraite.
  • Un plan de décaissement bien structuré, idéalement revu avec un conseiller inscrit, est essentiel à cette étape.

Ta stratégie face à un marché baissier dépend de ton horizon de placement, pas seulement de l'ampleur de la baisse.

Si tu approches de la retraite : le risque de séquence des rendements

Les conseils ci-dessus s'appliquent bien aux investisseurs à long terme qui ont des décennies devant eux. Si tu es à cinq à dix ans de la retraite (ou déjà à la retraite), la situation est différente et mérite une attention particulière : c'est ce qu'on appelle le risque de séquence des rendements.

Si un krach majeur survient juste avant ou au début de ta retraite, et que tu dois puiser dans tes placements pour vivre, tu vends des parts au creux — sans avoir le temps de récupérer. C'est pourquoi les conseillers financiers recommandent généralement de diversifier vers des obligations, des CPG et de l'encaisse à mesure qu'on approche de la retraite. Ces actifs sont moins volatils et peuvent servir de « réservoir » pour les retraits pendant que les actions se remettent. Un plan de décaissement bien structuré, idéalement revu avec un conseiller inscrit, est essentiel à cette étape.

Enfin, quel que soit ton stade de vie : évite de vérifier ton portefeuille tous les jours pendant un marché baissier. Les études montrent que la fréquence d'observation augmente l'anxiété et la tentation de réagir impulsivement. Fais confiance à ta stratégie, pas à tes émotions du moment.

Questions fréquentes

Dois-je vendre tout pendant un krach pour éviter de perdre plus ?

C'est rarement la bonne décision. Vendre cristallise une perte temporaire en perte permanente et tu risques de manquer la reprise. Sauf si tu as besoin de cet argent à court terme (d'où l'importance d'un fonds d'urgence séparé), rester investi est généralement la stratégie recommandée sur le long terme. Ce n'est pas un conseil financier — ta situation personnelle peut différer.

Est-ce que les marchés se sont toujours remis d'un krach ?

Historiquement, les grands marchés boursiers diversifiés (comme l'indice canadien S&P/TSX ou le S&P 500 américain) se sont remis de chaque marché baissier majeur. Cependant, les performances passées ne garantissent pas les résultats futurs. Certains marchés régionaux ou certains titres individuels ne se sont jamais complètement remis de certaines crises.

Devrais-je acheter plus pendant le krach pour profiter des bas prix ?

Si tu as de l'argent disponible que tu n'as pas besoin à court terme, continuer (ou même augmenter) tes cotisations régulières pendant un marché baissier peut permettre d'acheter des parts à prix réduit — c'est le principe de la moyenne d'achat périodique. Mais n'investis jamais ton fonds d'urgence ou de l'argent dont tu pourrais avoir besoin dans moins de trois à cinq ans.

Combien de temps dure un marché baissier en moyenne ?

La durée varie considérablement. Historiquement, les marchés baissiers sur le S&P 500 ont duré entre quelques semaines (krach COVID : environ un mois) et plusieurs années (bulle technologique 2000-2002 : environ deux ans et demi). Il n'existe pas de règle universelle. C'est pourquoi l'horizon de placement à long terme est crucial : plus ton horizon est long, moins la durée d'un krach particulier a d'importance sur ton résultat final.

Sources et références

Contenu éducatif ; vérifie les chiffres auprès des sources officielles avant d'agir.