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Compte en fiducie pour enfant au Canada : avantages, pièges fiscaux et comparaison avec le REEE

Publié le 25 juin 2026 · 8 min de lecture · Par · Mis à jour le 25 juin 2026
⚠️ À titre informatif uniquement. Faits et concepts généraux ; WealthWise n'est pas un conseiller en placement inscrit et ne donne aucun conseil personnalisé. Vérifie auprès des sources et consulte un professionnel avant d'agir.
En bref — Un compte ITF te permet d’investir en bourse pour un enfant, mais les intérêts et dividendes que tu gagnes sont imposés dans tes mains — seuls les gains en capital reviennent à l’enfant, souvent à taux nul. Le REEE reste presque toujours le meilleur premier choix pour l’éducation.
Tu veux bâtir un bas de laine pour ton enfant ou ton petit-enfant, mais tu as déjà maximisé ton REEE, ou tu cherches simplement un véhicule plus souple ? Le compte « en fiducie » informel — souvent appelé compte in trust for (ITF) — est une option que les Canadiens utilisent pour investir au nom d’un mineur. Avant d’ouvrir un compte, il y a une mécanique fiscale importante à comprendre : les règles d’attribution. Cet article est à titre éducatif uniquement et ne constitue pas un conseil fiscal ou financier.

Qu’est-ce qu’un compte en fiducie informel (ITF) ?

Un compte en fiducie informel est un compte de courtage ouvert par un adulte (le « fiduciaire ») au bénéfice d’un enfant mineur. Contrairement à une fiducie formelle créée par acte notarié, il s’agit d’un arrangement simple : tu déposes de l’argent, tu investis, et les fonds sont légalement destinés à l’enfant. Le compte porte généralement la mention « [ton nom], en fiducie pour [nom de l’enfant] ».

Tout le monde peut cotiser : parents, grands-parents, oncles, tantes. Il n’y a pas de plafond de cotisation annuel, contrairement au REEE ou au CELI. En revanche, il n’y a aucune subvention gouvernementale — pas de Subvention canadienne pour l’épargne-études (SCEE), pas de Bon d’études canadien.

Type de revenuAttribué àImposé auRésultat concret
Intérêts et dividendesLe contributeur (parent ou grand-parent)Son taux marginalDoit être déclaré dans la déclaration du contributeur chaque année, même si l'argent reste dans le compte
Gains en capitalL'enfantSituation fiscale de l'enfant (peu ou pas d'autres revenus)L'impôt effectif est souvent nul ou très faible

Les règles d’attribution : qui paie l’impôt sur quoi ?

C’est ici que la plupart des gens se font surprendre. L’ARC applique des règles d’attribution aux revenus générés dans un compte ITF alimenté par un parent ou un grand-parent :

Cette distinction change tout à la stratégie : un portefeuille d’obligations ou d’actions versant des dividendes élevés sera peu avantageux dans un compte ITF, alors qu’un portefeuille de FNB de croissance (qui génère peu de distributions et beaucoup de gain en capital à la revente) peut être fiscalement intéressant.

ÂgeProvinces / territoires
18 ansAlberta, Manitoba, Ontario, Québec, Î.-P.-É., Saskatchewan
19 ansColombie-Britannique, Nouveau-Brunswick, Nouvelle-Écosse, Terre-Neuve-et-Labrador, et les territoires

L’argent devient légalement celui de l’enfant à la majorité

C’est le point le plus souvent ignoré, et il est irrévocable. Une fois que tu verses des fonds dans un compte ITF, cet argent appartient légalement à l’enfant. À l’âge de la majorité (18 ans en Alberta, Manitoba, Ontario, Québec, PEI et Saskatchewan ; 19 ans en Colombie-Britannique, Nouveau-Brunswick, Nouvelle-Écosse, Terre-Neuve-et-Labrador et dans les territoires), l’enfant peut exiger de récupérer l’intégralité du solde — que tu sois d’accord ou non, et quel qu’en soit l’usage.

Si l’enfant décide de dépenser cet argent en voyages plutôt qu’en études, tu n’as légalement aucun recours. C’est une différence fondamentale avec le REEE, où les retraits sont conditionnels à une inscription dans un établissement d’enseignement postsecondaire admissible.

Paperasse et tenue de livres : ne sous-estime pas le fardeau

Un compte ITF informel n’a pas de cadre juridique précis au Canada. Cela crée plusieurs complications pratiques :

Penche vers le REEE — si l'objectif est l'éducation

  • La SCEE bonifie tes cotisations de 20 % jusqu'à 500 $ par année (2 500 $ cotisés) — un rendement garanti que le compte ITF ne peut pas offrir
  • La croissance dans le REEE est à l'abri de l'impôt jusqu'au retrait
  • Les paiements d'aide aux études (PAE) sont imposés dans les mains de l'étudiant, généralement à taux faible
  • Pour l'épargne-études, le REEE est presque toujours le meilleur point de départ

Penche vers le compte ITF — pour des objectifs hors éducation ou un REEE déjà maximisé

  • Pas de plafond de cotisation annuel, contrairement au REEE ou au CELI
  • Aucune subvention gouvernementale rattachée — pas de SCEE, pas de Bon d'études canadien
  • Peut compléter le REEE une fois ce dernier maximisé, ou servir à des objectifs autres que l'éducation, comme une mise de fonds pour une première maison
  • Utile pour des proches (oncles, tantes) qui ne peuvent pas cotiser au REEE de l'enfant

Compte ITF ou REEE : lequel choisir pour l’éducation ?

Pour l’épargne-études, le REEE est presque toujours le meilleur point de départ. La SCEE bonifie tes cotisations de 20 % jusqu’à 500 $ par année (2 500 $ cotisés), soit un rendement garanti que le compte ITF ne peut pas offrir. La croissance dans le REEE est à l’abri de l’impôt jusqu’au retrait, et les paiements d’aide aux études (PAE) sont imposés dans les mains de l’étudiant (généralement à taux faible). Pour en savoir plus sur l’épargne et la fiscalité canadienne, consulte le blogue WealthWise.

Le compte ITF peut compléter le REEE une fois ce dernier maximisé, ou servir à des objectifs autres que l’éducation (ex. : mise de fonds pour une première maison). Il peut aussi convenir à des proches qui ne peuvent pas cotiser à un REEE. La clé : privilégier des placements orientés vers la croissance pour minimiser les revenus attribués et laisser les gains en capital s’accumuler dans les mains de l’enfant.

Questions fréquentes

Les règles d’attribution s’appliquent-elles aussi aux cotisations d’une tante ou d’un oncle ?

Les règles d’attribution visent spécifiquement les transferts d’un parent ou d’un grand-parent à un enfant de moins de 18 ans. Les cotisations d’autres membres de la famille (tante, oncle, ami) ne sont généralement pas soumises aux mêmes règles sur les intérêts et dividendes — mais la situation peut être complexe ; consulte un fiscaliste pour ton cas précis.

Puis-je retirer l’argent du compte ITF si j’en ai besoin ?

Non, pas librement. Une fois les fonds déposés dans un compte ITF, ils appartiennent légalement à l’enfant. Les retirer pour usage personnel pourrait constituer un manquement à ton rôle de fiduciaire et entraîner des complications légales. N’y verse que des sommes que tu es certain de ne pas vouloir récupérer.

Est-ce que les gains en capital sont vraiment imposés à zéro dans les mains d’un enfant ?

Pas automatiquement à zéro, mais souvent très faible. Les gains en capital sont inclus dans le revenu de l’enfant au taux d’inclusion en vigueur (actuellement 50 % du gain). Si l’enfant n’a pas d’autres revenus, le montant personnel de base fédéral et provincial efface généralement l’impôt à payer. Cela change à la majorité ou si l’enfant a d’autres sources de revenu.

Dois-je déclarer les revenus du compte ITF dans ma déclaration ?

Oui, si tu es le parent ou grand-parent contributeur. Les intérêts et dividendes attribués doivent figurer dans ta déclaration de revenus annuelle, même s’ils restent investis dans le compte. L’ARC exige généralement que ces montants soient déclarés selon le feuillet T3 ou T5 émis pour le compte, et ils s’ajoutent à ton revenu imposable pour l’année en question.

Sources et références

Contenu éducatif ; vérifie les chiffres auprès des sources officielles avant d'agir.