Utiliser son CELI à la retraite : guide canadien

Publié le 1 juillet 2026 · 8 min de lecture

Le compte d'épargne libre d'impôt ne perd pas son utilité à la retraite — au contraire, c'est souvent là qu'il devient le plus précieux. Voici comment les retraités au Canada l'utilisent généralement aux côtés du revenu de REER/FERR.

Au moment de la retraite, plusieurs Canadiens voient encore le CELI comme un simple véhicule d'épargne pour les années de travail. En réalité, le CELI joue souvent son rôle le plus important après la retraite, quand l'objectif passe de l'accumulation au retrait dans un ordre fiscalement avantageux. Comme les retraits du CELI ne sont pas imposés et ne comptent pas comme revenu aux yeux des programmes gouvernementaux, ce compte offre une flexibilité que les autres comptes, y compris le REER et le FERR, n'offrent tout simplement pas.

CaractéristiqueRetrait du CELIRetrait du REER/FERR
Imposé au retrait?Jamais imposéEntièrement imposable comme revenu l'année du retrait
Compte dans le calcul SV/SRG?Non — n'entre pas dans le calculOui — contrairement aux retraits du CELI
Retrait minimal annuel obligatoire?Aucune règle de retrait minimalSouvent obligatoire une fois le REER converti, avec un montant minimal exigé chaque année

Pourquoi le CELI compte encore plus à la retraite

Pendant les années de travail, le CELI est souvent en concurrence avec le REER pour les dollars de cotisation, et la déduction fiscale immédiate du REER attire généralement plus l'attention. À la retraite, l'équation change. Les retraits d'un REER ou d'un Fonds enregistré de revenu de retraite (FERR) sont entièrement imposables comme revenu l'année où ils sont effectués. Un retrait du CELI, au contraire, n'est jamais imposé, peu importe le montant ou la fréquence.

Cette distinction ne concerne pas seulement votre facture d'impôt. Plusieurs prestations et crédits gouvernementaux sont calculés en fonction du revenu, c'est-à-dire que le montant reçu dépend de votre revenu net pour l'année. La Sécurité de la vieillesse (SV) et le Supplément de revenu garanti (SRG) en sont les exemples les plus connus : un revenu imposable plus élevé peut réduire ces prestations, et dans le cas de la SV, un revenu suffisamment élevé peut déclencher une récupération. Comme les retraits du CELI ne s'ajoutent pas à votre revenu imposable, puiser dans le CELI plutôt que dans le FERR une année donnée n'a aucun effet sur ces calculs. C'est pourquoi les éducateurs financiers décrivent souvent le CELI comme un moyen de financer son style de vie sans nuire à son admissibilité aux prestations.

Un complément flexible au REER et au FERR

La plupart des retraités ne comptent pas sur un seul compte. Une approche typique combine les retraits du FERR (souvent obligatoires une fois le REER converti, avec un montant minimal exigé chaque année), les versements du Régime de pensions du Canada (RPC) et de la SV, et des retraits du CELI pour combler les écarts. Comme le CELI n'est soumis à aucun retrait minimal obligatoire, c'est vous qui décidez quand et combien retirer, ce qui en fait un complément naturel au FERR, plus structuré et encadré par un minimum.

Certains retraités utilisent le CELI comme coussin pour des dépenses irrégulières — une toiture à refaire, un voyage en famille, une dépense médicale importante — justement parce qu'un retrait important du CELI dans une seule année ne les fera pas basculer dans une tranche d'imposition supérieure ni ne réduira leurs prestations calculées selon le revenu, contrairement à un retrait équivalent du FERR. D'autres retirent un montant modeste et régulier de leur CELI chaque mois, simplement pour compléter le RPC et la SV de façon prévisible.

Retirer le montant complet du FERR

  • Risque de faire basculer dans une tranche d'imposition supérieure
  • Risque d'affecter les prestations calculées selon le revenu

Retirer un montant plus modeste et habituel du FERR, et combler la différence avec un retrait du CELI

  • Le retrait du FERR reste à son montant habituel, plus modeste
  • La portion CELI n'entraîne aucune conséquence fiscale

Utiliser le CELI pour lisser le revenu imposable

Une utilisation plus fine du CELI à la retraite consiste à lisser le revenu. Comme les retraits du FERR sont imposables, un retraité qui a besoin d'une somme importante une année donnée (pour un achat majeur, par exemple) fait face à un choix : retirer le montant complet du FERR, au risque de basculer dans une tranche d'imposition supérieure ou d'affecter ses prestations calculées selon le revenu, ou retirer un montant plus modeste et habituel du FERR et combler la différence avec un retrait du CELI, qui n'entraîne aucune conséquence fiscale.

En gardant les retraits du FERR relativement stables d'une année à l'autre et en utilisant le CELI pour absorber les pointes, certains retraités parviennent à maintenir un revenu imposable déclaré plus constant. Cela peut aider à éviter de basculer dans une tranche d'imposition supérieure une année donnée et réduire les risques qu'une hausse ponctuelle de revenu affecte le calcul des prestations. C'est une technique de planification qui mérite d'être discutée avec un professionnel de la fiscalité ou des finances, puisque la combinaison de sources de revenu et l'admissibilité aux prestations varient d'une personne à l'autre.

Recotiser les montants retirés

Une caractéristique distinctive du CELI est que les retraits s'ajoutent de nouveau à vos droits de cotisation, mais seulement l'année civile suivante. Si vous retirez des fonds de votre CELI cette année, ce montant devient disponible comme nouveaux droits de cotisation à partir du 1er janvier de l'année suivante, en plus du plafond de cotisation annuel de cette année-là.

Ce point est important pour les retraités qui puisent dans leur CELI pour une dépense ponctuelle et qui souhaitent ensuite reconstituer leur solde, peut-être grâce à un CPG arrivant à échéance, un petit héritage ou des liquidités excédentaires. Comme les droits reviennent automatiquement, il n'est pas nécessaire de « demander la permission » ni de remplir de formulaire — il faut simplement attendre l'année suivante (et éviter de recotiser la même année civile que le retrait, à moins d'avoir d'autres droits inutilisés disponibles, car cela peut entraîner une cotisation excédentaire).

Désigner un conjoint ou conjoint de fait comme titulaire remplaçant

  • Le CELI peut généralement continuer à l'abri de l'impôt après le décès du titulaire initial
  • La propriété est transférée sans perturber le statut fiscal avantageux du compte

Désigner un bénéficiaire (p. ex. des enfants adultes)

  • Approche courante pour les bénéficiaires autres que le conjoint
  • La valeur du compte au décès est normalement versée libre d'impôt
  • La croissance après le décès peut être imposable

Considérations successorales à grands traits

Le CELI comporte aussi des éléments à comprendre, à un niveau général, pour la planification successorale. Un titulaire de CELI peut désigner un titulaire remplaçant (option réservée aux conjoints ou conjoints de fait) ou un bénéficiaire. Lorsqu'un conjoint est désigné comme titulaire remplaçant, le CELI peut généralement continuer à l'abri de l'impôt après le décès du titulaire initial, transférant essentiellement la propriété sans perturber le statut fiscal avantageux du compte. Lorsqu'un bénéficiaire (plutôt qu'un titulaire remplaçant) est désigné — une approche courante pour les bénéficiaires autres que le conjoint, comme des enfants adultes — la valeur du compte au moment du décès est normalement versée libre d'impôt, bien que la croissance survenue après le décès puisse être imposable.

Comme les règles entourant les titulaires remplaçants, les bénéficiaires et le règlement de la succession peuvent être nuancées et varier selon la situation, il vaut la peine de revoir périodiquement vos désignations de bénéficiaire du CELI et d'en discuter les détails avec un professionnel en fiscalité ou en planification successorale, particulièrement après un événement marquant comme un mariage, un divorce ou le décès d'un bénéficiaire désigné.

Façons courantes d'utiliser le CELI à la retraite

En pratique, les retraités canadiens ont tendance à utiliser leur CELI de quelques façons récurrentes : comme source de revenu d'appoint libre d'impôt aux côtés du RPC, de la SV et des versements du FERR; comme fonds d'urgence ou d'opportunité pour des dépenses imprévues; comme lieu de dépôt temporaire pour l'argent retiré du FERR au-delà du minimum, lorsqu'il n'est pas nécessaire immédiatement pour les dépenses; et comme véhicule pour continuer de faire fructifier, à l'abri de l'impôt, une épargne qui n'est pas requise à court terme. Comme les cotisations peuvent être investies (et non seulement détenues en liquidités), plusieurs retraités gardent au moins une partie de leur CELI investie dans une combinaison diversifiée adaptée à leur horizon et à leur tolérance au risque, plutôt que de le traiter uniquement comme un compte d'épargne.

Suivre les minimums du FERR, les retraits du CELI et les autres sources de revenu à travers plusieurs comptes peut vite devenir complexe. Des outils comme WealthWise peuvent aider en offrant aux retraités une vue consolidée de leurs avoirs à travers les comptes, ce qui facilite la décision de savoir d'où devrait provenir un retrait une année donnée.

En résumé

L'avantage principal du CELI à la retraite est simple : les retraits sont libres d'impôt et ne comptent pas comme revenu, ce qui signifie qu'ils ne jouent pas contre vous comme peuvent le faire les retraits du FERR pour les prestations calculées selon le revenu. Utilisé judicieusement avec le RPC, la SV et les revenus du FERR, le CELI donne aux retraités un outil flexible pour gérer les dépenses importantes ou irrégulières, lisser le revenu imposable d'une année à l'autre et préserver une plus grande partie des prestations qu'ils ont méritées. Comme pour toute stratégie de revenu de retraite, la bonne combinaison dépend de votre situation personnelle, et il vaut la peine de la revoir périodiquement à mesure que vos besoins et les règles évoluent.

Questions fréquentes

Les retraits du CELI affectent-ils la SV ou le SRG à la retraite?

Non. Les retraits du CELI ne sont pas inclus dans votre revenu imposable, donc ils n'entrent pas dans les calculs de revenu utilisés pour la Sécurité de la vieillesse ou le Supplément de revenu garanti, contrairement aux retraits d'un REER ou d'un FERR.

Puis-je retirer de mon CELI et de mon FERR la même année?

Oui. Plusieurs retraités combinent un retrait obligatoire du FERR avec un retrait optionnel du CELI la même année. Comme la portion CELI n'est pas imposable, elle peut servir à couvrir des dépenses supplémentaires sans augmenter votre revenu imposable pour cette année-là.

Si je retire de l'argent de mon CELI, quand puis-je le remettre?

Le montant retiré s'ajoute à vos droits de cotisation à partir du 1er janvier de l'année civile suivante, pas immédiatement. Recotiser la même année que le retrait, sans autres droits disponibles, peut entraîner une cotisation excédentaire.

Qu'arrive-t-il à mon CELI à mon décès?

Si vous avez désigné un conjoint ou conjoint de fait comme titulaire remplaçant, le compte peut généralement continuer à son nom, libre d'impôt. Si vous avez plutôt désigné un bénéficiaire, la valeur du compte est habituellement versée libre d'impôt, bien que la croissance après le décès puisse être imposable. Les règles peuvent varier, donc il vaut la peine de confirmer vos désignations avec un professionnel.

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Avertissement : Cet article est à titre informatif seulement. WealthWise n'est pas un conseiller en placement inscrit. Les rendements passés ne garantissent pas les rendements futurs. Consultez toujours un conseiller agréé dans votre province avant toute décision d'investissement.