Le portefeuille 60/40 expliqué pour investisseurs canadiens

Publié le 1 juillet 2026 · 8 min de lecture

Le portefeuille 60/40 est l'une des recettes les plus connues en placement : 60 % en actions pour la croissance, 40 % en revenu fixe pour la stabilité. Voici comment il fonctionne, ce qu'il vise à résoudre, et où en est le débat à son sujet.

Qu'est-ce qu'un portefeuille 60/40, concrètement

Un portefeuille 60/40 est un modèle de répartition d'actifs simple : 60 % du portefeuille est investi en actions (titres canadiens, américains et internationaux, habituellement diversifiés) et 40 % est investi en revenu fixe (obligations, souvent un mélange d'obligations gouvernementales et corporatives de différentes échéances). Le chiffre lui-même compte moins que l'idée qu'il représente : combiner deux catégories d'actifs qui se comportent généralement différemment, pour que le portefeuille dans son ensemble soit moins volatil qu'un portefeuille composé uniquement d'actions.

Ce n'est pas une formule propre à un investisseur ou une institution en particulier. C'est un cadre général utilisé depuis des décennies par des particuliers, des conseillers et des fonds de type caisse de retraite comme point de départ pour un portefeuille équilibré. Certains investisseurs l'appliquent littéralement avec deux fonds; d'autres s'en approchent avec un mélange plus large de catégories d'actifs.

Le raisonnement derrière la combinaison actions-obligations

Les actions et les obligations jouent des rôles différents dans un portefeuille. Les actions représentent une part de propriété dans des entreprises, et leur valeur évolue selon les bénéfices des sociétés, les attentes de croissance économique et le sentiment des investisseurs. Elles constituent le principal moteur de croissance à long terme d'un portefeuille, mais leur valeur peut aussi fluctuer fortement sur de courtes périodes.

Les obligations sont des prêts consentis à un gouvernement ou une société, et elles procurent un flux d'intérêts défini (plus le capital à l'échéance, en faisant abstraction du risque de crédit). Comme leurs flux de trésorerie sont plus prévisibles, le prix des obligations fluctue généralement moins que celui des actions, bien qu'il bouge tout de même, notamment avec les variations des taux d'intérêt.

Le raisonnement central derrière une répartition 60/40 repose sur la diversification entre catégories d'actifs : les actions et les obligations ne bougent pas toujours dans la même direction en même temps, donc les combiner peut lisser la trajectoire globale d'un portefeuille par rapport à ne détenir que des actions. La portion de 40 % en revenu fixe vise à jouer un rôle stabilisateur et une source de liquidité, tandis que la portion de 60 % en actions vise à fournir la croissance nécessaire pour dépasser l'inflation à long terme.

Il faut être précis sur ce que cette diversification fait et ne fait pas. Elle n'élimine pas la possibilité de pertes et ne garantit pas que les obligations monteront quand les actions baissent, à n'importe quelle période donnée. Elle reflète simplement la tendance générale de ces deux catégories d'actifs à réagir à des moteurs économiques différents.

Comment un portefeuille 60/40 tend à se comporter selon les marchés

Dans une configuration typique, la portion actions d'un portefeuille 60/40 entraîne la majeure partie du potentiel de rendement à long terme, tandis que la portion obligataire tend à amortir les soubresauts lors des périodes de stress boursier. Dans les marchés haussiers forts pour les actions, un portefeuille 60/40 sera généralement en retard sur un portefeuille 100 % actions, puisque 40 % de l'argent se trouve dans une catégorie d'actifs à croissance plus faible.

En période de stress sur les marchés boursiers, la portion obligataire a historiquement été appelée à mieux se tenir que les actions, amortissant ainsi le recul global — bien que cette relation ne soit pas automatique et dépende fortement du contexte plus large des taux d'intérêt et de l'économie. Il y a eu des périodes où actions et obligations ont reculé ensemble, notamment lorsque des craintes inflationnistes poussent les taux d'intérêt à la hausse, puisque la hausse des taux tend à réduire la valeur des obligations existantes en même temps qu'elle pèse sur les évaluations boursières.

Cela signifie qu'un portefeuille 60/40 se comprend mieux comme une façon de gérer la volatilité et de lisser l'expérience de placement sur un cycle de marché complet, plutôt que comme une garantie de rendements positifs dans chaque contexte ou chaque année.

Critiques et débat en cours

Le modèle 60/40 fait l'objet d'un examen réel, particulièrement autour de deux questions qui reviennent régulièrement chez les investisseurs et commentateurs canadiens.

Le 60/40 est-il encore pertinent? Les critiques soulignent que la relation traditionnelle entre actions et obligations n'est pas fixe. Dans certains contextes, les deux catégories d'actifs ont reculé ensemble, ce qui mine la prémisse centrale de diversification. D'autres soutiennent que le modèle demeure un cadre raisonnable et peu exigeant en entretien, justement parce que personne ne peut prédire de façon fiable quel contexte s'en vient — l'objectif de la répartition n'est pas d'avoir raison sur l'avenir, mais d'éviter d'être pleinement exposé à un seul scénario.

Sensibilité des obligations aux taux. Le prix des obligations est sensible aux variations des taux d'intérêt : quand les taux montent, le prix des obligations existantes à coupon fixe plus bas tend à baisser, et vice versa. Cette sensibilité est plus marquée pour les obligations à plus longue durée. Certains investisseurs répondent à cela en raccourcissant la durée moyenne de leurs obligations ou en diversifiant les types d'obligations (gouvernementales, corporatives, à rendement réel), plutôt qu'en abandonnant le revenu fixe complètement.

Aucune de ces critiques n'invalide la diversification comme concept — ce sont des rappels qu'aucune répartition fixe n'est une garantie permanente, et que le bon mélange dépend de l'horizon, des objectifs et de la tolérance à la volatilité propres à chaque investisseur.

Pencher vers plus d'actions (70/30 ou 80/20)

  • Souvent utilisé par des investisseurs ayant un horizon plus long
  • Capables de tolérer plus de volatilité à court terme en échange d'un plus grand potentiel de croissance à long terme
  • Plus d'années pour laisser les marchés boursiers se remettre d'un repli

Pencher vers plus de revenu fixe (50/50 ou 40/60)

  • Souvent utilisé par des investisseurs approchant ou vivant la retraite
  • Peuvent privilégier la préservation du capital et un revenu stable plutôt que la croissance
  • Moins de temps pour se remettre d'un recul boursier important

Il n'existe pas de ratio universellement « correct » — certains investisseurs utilisent aussi une approche à trajectoire progressive, déplaçant graduellement leur répartition vers plus de revenu fixe à mesure qu'un objectif comme la retraite approche.

Variations courantes : 70/30, 80/20 et au-delà

Le 60/40 est un point de référence, pas une règle. Plusieurs investisseurs ajustent le ratio selon l'âge, l'horizon de placement et le confort face à la volatilité à court terme :

Il n'existe pas de ratio universellement « correct ». La bonne répartition reflète l'horizon de placement, les besoins de revenu et la tolérance psychologique d'une personne à voir la valeur de son portefeuille chuter temporairement.

Comment les FNB tout-en-un simplifient tout ça au Canada

Historiquement, construire un portefeuille 60/40 signifiait sélectionner et rééquilibrer manuellement des fonds d'actions et d'obligations distincts. Les investisseurs canadiens ont maintenant accès à des FNB de répartition d'actifs — des fonds uniques qui détiennent un mélange fixe d'actions et d'obligations mondiales (par exemple, un fonds explicitement construit autour d'une répartition 60/40 ou 80/20) et qui se rééquilibrent automatiquement en coulisse.

Ces FNB tout-en-un ont rendu le concept du 60/40 beaucoup plus accessible : un investisseur peut détenir un seul symbole boursier dans un CELI, un REER ou un compte non enregistré et obtenir une diversification instantanée entre catégories d'actifs, secteurs et régions géographiques, sans devoir suivre et rééquilibrer manuellement plusieurs positions. Cette simplicité explique en bonne partie pourquoi le cadre 60/40 demeure populaire auprès des investisseurs autonomes aujourd'hui, malgré le débat persistant sur ses mérites à long terme.

Que vous déteniez un seul FNB de répartition d'actifs ou que vous construisiez votre propre mélange de fonds d'actions et d'obligations, suivre la façon dont votre répartition réelle dérive avec le temps par rapport à votre cible fait partie de la discipline à maintenir. Des outils comme WealthWise peuvent aider les investisseurs canadiens à voir leur véritable répartition actions/revenu fixe à travers tous leurs comptes, au même endroit.

Convient généralement à

  • Les investisseurs qui recherchent un potentiel de croissance significatif sans être à l'aise avec la pleine volatilité d'un portefeuille tout en actions
  • Ceux qui ont un horizon moyen à long terme
  • Ceux qui valorisent la simplicité et souhaitent éviter de gérer activement un mélange plus complexe de positions

Convient moins à

  • Les investisseurs ayant un horizon très court, qui pourraient avoir besoin de plus de stabilité
  • Ceux ayant un horizon très long et une grande tolérance au risque, qui pourraient préférer une pondération en actions plus élevée pour maximiser le potentiel de croissance à long terme

La valeur de tout ratio fixe vient du fait de choisir une répartition que l'on peut maintenir à travers différentes conditions de marché, plutôt que de changer de stratégie à chaque mouvement des marchés.

À qui convient une approche 60/40

Un portefeuille de style 60/40 tend à convenir aux investisseurs qui recherchent un potentiel de croissance significatif, sans être à l'aise avec la pleine volatilité d'un portefeuille tout en actions — souvent ceux qui ont un horizon moyen à long terme, ou qui valorisent la simplicité et souhaitent éviter de gérer activement un mélange plus complexe de positions. Cette approche convient moins aux investisseurs ayant un horizon très court (qui pourraient avoir besoin de plus de stabilité) ou à ceux ayant un horizon très long et une grande tolérance au risque, qui pourraient préférer une pondération en actions plus élevée pour maximiser le potentiel de croissance à long terme.

En fin de compte, la valeur de tout ratio fixe — 60/40 ou autre — vient du fait de choisir une répartition que l'on peut maintenir à travers différentes conditions de marché, plutôt que de changer de stratégie à chaque mouvement des marchés.

Questions fréquentes

Le portefeuille 60/40 est-il encore une bonne idée?

Il n'y a pas de réponse unique qui s'applique à tout le monde. La répartition 60/40 est un cadre général pour équilibrer croissance et stabilité, et son utilité dépend de l'horizon de placement, des objectifs et de la tolérance à la volatilité de chaque investisseur — pas d'une prédiction sur ce que feront les marchés.

Pourquoi les obligations baissent-elles parfois en même temps que les actions?

Le prix des obligations est sensible aux variations des taux d'intérêt. Quand les taux montent — souvent en réponse à des craintes inflationnistes — le prix des obligations existantes peut baisser en même temps que la hausse des taux pèse sur les évaluations boursières, ce qui explique pourquoi actions et obligations ne bougent pas toujours en sens opposé.

Devrais-je utiliser un 60/40 ou un autre ratio comme 70/30?

Le bon ratio dépend de votre horizon de placement personnel et de votre tolérance au risque, pas d'une règle fixe. Les investisseurs avec un horizon plus long penchent parfois vers plus d'actions (comme 70/30 ou 80/20), tandis que ceux qui approchent du moment où ils auront besoin de l'argent penchent souvent vers plus de revenu fixe.

Quelle est la façon la plus simple de construire un portefeuille 60/40 au Canada?

Plusieurs investisseurs canadiens utilisent un seul FNB de répartition d'actifs tout-en-un, qui détient un mélange mondial fixe d'actions et d'obligations et se rééquilibre automatiquement, plutôt que de gérer plusieurs fonds distincts manuellement.

Essayer WealthWise gratuitement →
Avertissement : Cet article est à titre informatif seulement. WealthWise n'est pas un conseiller en placement inscrit. Les rendements passés ne garantissent pas les rendements futurs. Consultez toujours un conseiller agréé dans votre province avant toute décision d'investissement.