L'or revient souvent dans les discussions sur les portefeuilles, surtout quand les marchés deviennent nerveux. Voici un regard lucide sur les raisons pour lesquelles certains investisseurs canadiens en détiennent, les façons d'y accéder, et les compromis que cela implique.
L'or occupe une place particulière en placement. Il ne génère aucun bénéfice, ne verse aucun dividende et n'a pas de flux de trésorerie à actualiser — pourtant, il joue un rôle dans les portefeuilles depuis très longtemps. L'argument principal invoqué par les investisseurs qui en détiennent est la diversification : le comportement du prix de l'or ne suit pas toujours celui des actions et des obligations, alors une petite position pourrait, en théorie, atténuer certains soubresauts dans la trajectoire de rendement globale d'un portefeuille. Il faut toutefois être précis : l'or ne monte pas garanti quand les actions descendent — il y a eu des périodes où l'or et les actions ont chuté ensemble — mais sur de longues périodes, sa corrélation avec les actions a eu tendance à être plus faible que la corrélation entre, disons, deux secteurs boursiers différents.
Deux arguments liés mais distincts reviennent souvent. Le premier veut que l'or agisse comme réserve de valeur en période d'inflation élevée ou croissante, puisqu'il n'est rattaché à aucune devise ni politique monétaire d'un gouvernement en particulier. Le second veut que l'or attire la demande lors de crises aiguës — chocs géopolitiques, tensions bancaires, fortes baisses boursières — les investisseurs cherchant un actif perçu comme étant en dehors du système financier. Les deux arguments trouvent un certain appui historique, mais aucun n'est une loi des marchés. L'or a connu de longues périodes où il a fait moins bien que l'inflation, et il lui est arrivé de reculer pendant des crises où les investisseurs avaient besoin de liquidités et vendaient tout ce qui était liquide, l'or y compris. Il faut donc voir ces arguments comme des tendances, pas des garanties.
Il existe plusieurs façons concrètes d'obtenir une exposition à l'or et aux métaux précieux, chacune avec ses propres coûts, risques et aspects logistiques.
Chaque option a des implications fiscales et de compte différentes, et la structure de frais varie selon le produit; il vaut donc la peine de lire la notice ou le prospectus d'un FNB en particulier plutôt que de présumer que toute exposition à l'or se comporte de la même façon.
Il est tout aussi important d'être clair sur les limites de l'or que sur ses avantages potentiels.
L'or physique et la plupart des FNB d'or ne versent aucun intérêt ni dividende. Tout le rendement obtenu provient uniquement de la variation du prix de l'or (à la hausse ou à la baisse) pendant la période de détention. Comparez cela à une action qui verse un dividende ou à une obligation, qui peuvent générer un rendement même dans un contexte de prix stable. Détenir de l'or signifie renoncer entièrement à cette composante de rendement, et détenir plutôt des actifs générateurs de liquidités comporte un coût d'opportunité qu'il vaut la peine de soupeser face à l'attrait de diversification de l'or.
Le prix de l'or peut fluctuer de façon importante sur de courtes périodes, et il a connu de longues périodes de plusieurs années où il n'a presque pas bougé, ou a même reculé, pendant que d'autres catégories d'actifs progressaient. Il n'existe aucune formule fiable qui prédit quand l'or fera bonne ou mauvaise figure par rapport aux actions et aux obligations. Les investisseurs qui en détiennent doivent être prêts à ce qu'il pèse sur le rendement pendant de longs marchés haussiers en actions, en échange de la diversification qu'il pourrait offrir à d'autres moments.
Il n'existe pas de réponse universelle -- les arguments pour une petite position ou pour éviter l'or complètement.
Parmi les investisseurs et conseillers qui utilisent l'or, une approche courante consiste à le traiter comme une petite tranche du portefeuille global — souvent évoquée dans le contexte d'un pourcentage modeste à un seul chiffre — plutôt que comme un placement central. Le raisonnement est simple : une petite allocation peut offrir un certain bénéfice de diversification sans trop nuire au rendement à long terme si l'or sous-performe pendant une longue période, étant donné qu'il ne génère aucun rendement propre. Il n'existe pas de chiffre universel qui convienne à tous les investisseurs, et la part d'or qui a du sens, le cas échéant, dépend de l'ensemble des actifs d'une personne, de son horizon de placement et de sa tolérance à la volatilité — ce n'est pas quelque chose qu'un article général peut prescrire. Certains investisseurs choisissent de ne détenir aucun or et misent plutôt sur les obligations, les liquidités ou la diversification géographique pour le même effet d'atténuation du portefeuille; c'est aussi un choix tout à fait défendable.
Le Canada entretient une relation particulière avec l'or et l'industrie minière — la Bourse de Toronto (TSX) et la Bourse de croissance TSX (TSX-V) inscrivent un grand nombre de sociétés aurifères et minières, et le Canada est un producteur d'or important à l'échelle mondiale. Cela donne aux investisseurs canadiens un accès facile à des FNB adossés à l'or physique et à des FNB du secteur minier inscrits ici, souvent libellés en dollars canadiens, ce qui évite une couche de conversion de devise à ceux qui souhaitent limiter leur exposition supplémentaire au dollar américain. Il faut toutefois noter qu'un FNB d'or libellé en dollars canadiens reflète tout de même le prix de l'or établi sur les marchés mondiaux (généralement coté en dollars américains), de sorte que les fluctuations entre le huard et le billet vert peuvent quand même influencer le rendement obtenu par un investisseur canadien, même si le fonds se négocie en dollars canadiens.
Peu importe la décision prise à l'égard de l'or, un défi bien concret consiste simplement à en garder la trace aux côtés des actions, des FNB et des autres placements, de façon à voir le portrait complet. WealthWise permet aux Canadiens de lier leurs comptes ou d'entrer leurs positions manuellement pour voir une position en or ou en métaux précieux dans son contexte — son poids par rapport au portefeuille total, son évolution dans le temps, et sa place à côté de tout le reste — plutôt que de la suivre dans un chiffrier séparé, déconnecté du reste du plan.
L'or n'est ni une protection magique ni une relique à écarter d'emblée. C'est un actif au rôle bien précis — aucun rendement, diversification potentielle, comportement historique (non garanti) face à l'inflation et aux crises — que certains investisseurs choisissent de détenir de façon mesurée et que d'autres évitent complètement. Le bon choix dépend des objectifs propres à chaque personne, de son horizon de placement et de son aisance avec un actif sans rendement et parfois volatil, et cet article ne remplace pas les conseils financiers professionnels adaptés à votre situation.
L'or a historiquement été utilisé comme protection contre l'inflation parce qu'il n'est rattaché à aucune devise en particulier, mais cette relation n'est ni constante ni garantie. Il y a eu de longues périodes où l'or a fait moins bien que l'inflation; il vaut donc mieux le voir comme une protection partielle potentielle plutôt que comme une protection fiable.
| Lingots physiques | FNB d'or | |
|---|---|---|
| Propriété | Propriété directe | Se négocient comme une action à la TSX |
| Logistique | Exige de l'entreposage et de l'assurance | Faciles à détenir dans un compte de courtage ordinaire ou enregistré, évitent la logistique d'entreposage |
| Achat/vente | Peuvent être moins pratiques à acheter et à vendre, et à revendre à un écart de prix raisonnable | Généralement faciles à acheter et à vendre |
| Coûts | Considérations d'entreposage et d'assurance | Comportent des frais de gestion et une dépendance à la structure du fonds |
Comparer les compromis entre détenir l'or directement et le détenir via un FNB.
Cela dépend des priorités de l'investisseur. Les lingots physiques offrent une propriété directe, mais exigent de l'entreposage et de l'assurance, et peuvent être moins pratiques à acheter et à vendre. Les FNB d'or se négocient comme des actions, sont plus faciles à détenir dans un compte de courtage ordinaire ou enregistré, et évitent la logistique d'entreposage, bien qu'ils comportent des frais de gestion et une dépendance à la structure du fonds.
Il n'existe pas de réponse universelle. Certains investisseurs qui choisissent de détenir de l'or le limitent à une petite tranche de leur portefeuille global pour restreindre l'effet de son absence de rendement, tandis que d'autres l'évitent complètement et misent sur les obligations ou d'autres actifs pour se diversifier. La part appropriée, le cas échéant, dépend des objectifs et de la tolérance au risque de chacun, et mérite d'être discutée avec un conseiller financier.
| Or (lingots/FNB) | Actions minières aurifères | |
|---|---|---|
| Nature | Exposition directe au prix du métal | Titres de sociétés qui extraient de l'or |
| Facteurs de risque | Exposition au prix de l'or lui-même | Risque d'affaires, coûts d'exploitation et risque boursier, en plus de l'exposition au prix de l'or |
| Comportement vs prix de l'or | — | Peuvent se comporter très différemment du prix de l'or lui-même, souvent avec des variations plus marquées dans les deux sens |
Les actions minières ajoutent un risque d'entreprise et un risque boursier à l'exposition au prix de l'or.
Non. Les actions de sociétés minières sont des titres boursiers qui comportent un risque d'affaires, des coûts d'exploitation et un risque boursier, en plus de l'exposition au prix de l'or, ce qui fait qu'elles peuvent se comporter très différemment du prix de l'or lui-même, souvent avec des variations plus marquées dans les deux sens.
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