Tous les investisseurs commencent quelque part, et la plupart d'entre nous font quelques erreurs évitables en chemin. Voici les plus fréquentes chez les débutants canadiens, et des façons concrètes de les éviter.
Commencer à investir est l'une des meilleures décisions financières qu'on puisse prendre, mais les premières années sont souvent celles où se forment les habitudes les plus coûteuses. La bonne nouvelle, c'est que presque toutes les erreurs de débutant ci-dessous sont faciles à corriger une fois qu'on les connaît, et aucune n'exige une expertise particulière, seulement un peu de vigilance et de patience.
Au Canada, le CELI et le REER existent justement pour permettre à vos placements de croître avec des avantages fiscaux. Une erreur fréquente chez les débutants consiste à ouvrir un compte non enregistré avant d'avoir maximisé les droits de cotisation disponibles, ou à laisser ces droits inutilisés pendant des années simplement parce que les règles semblent compliquées au premier abord. Avant d'investir un dollar ailleurs, vérifiez combien de droits de cotisation il vous reste au CELI et au REER. Pour la plupart des objectifs, ces comptes devraient être le point de départ par défaut pour vos placements, un compte non enregistré servant seulement une fois cet espace comblé ou pour des besoins précis à court terme.
Attendre le « moment parfait » pour acheter, ou essayer de deviner quand une baisse va se terminer, est l'une des tentations les plus fortes chez les nouveaux investisseurs. En pratique, prédire les mouvements à court terme du marché de façon constante est extrêmement difficile, même pour les professionnels qui font ça à temps plein. Une approche plus stable consiste à investir selon un rythme régulier, peu importe ce que fait le marché, et à laisser son plan suivre son cours plutôt que d'essayer de le devancer. Automatiser ses cotisations élimine complètement ce dilemme, puisque la décision du moment est prise une fois, à l'avance.
Vérifier son portefeuille tous les jours et faire des transactions fréquentes peut sembler productif, mais cela joue souvent contre vous. Chaque transaction ajoute un point de décision où l'émotion peut s'infiltrer, et acheter et vendre fréquemment peut faire grimper les frais de transaction et compliquer la fiscalité dans un compte non enregistré. Les débutants réussissent généralement mieux lorsqu'ils établissent un plan, automatisent ce qui peut l'être, et font le point selon un calendrier (mensuel ou trimestriel) plutôt que de réagir à chaque manchette ou fluctuation de prix. L'activité n'équivaut pas au progrès, et un portefeuille rarement modifié est souvent un signe de discipline, pas de négligence.
Il est naturel d'être attiré par l'actif qui vient d'avoir une excellente année, que ce soit un titre précis, un secteur ou une tendance dont tout le monde parle. Le problème, c'est que la performance passée en dit très peu sur ce qui va suivre, et qu'au moment où un placement devient assez populaire pour être un sujet de conversation courant, une bonne partie de l'occasion peut déjà être reflétée dans le prix. Bâtir un portefeuille autour d'un plan à long terme, plutôt qu'autour de la dernière tendance à la mode, tend à être une stratégie plus durable, même si elle semble moins excitante sur le coup.
Le ratio des frais de gestion (RFG) d'un fonds est prélevé chaque année, que vos placements montent ou descendent, et il s'accumule sur des décennies d'une façon qu'on sous-estime facilement. Bien des débutants ne vérifient jamais le RFG des fonds qu'ils détiennent, présumant que tous les produits d'une même catégorie se valent. Ce n'est pas le cas. Avant d'acheter un fonds commun ou un FNB, consultez son RFG et comparez-le aux options similaires offertes. À rendement égal, un fonds à frais réduits vous laisse garder une plus grande partie du rendement au fil du temps, ce qui compte d'autant plus que l'argent reste investi longtemps.
Beaucoup d'investisseurs canadiens se retrouvent avec un portefeuille fortement concentré dans une poignée d'entreprises canadiennes familières, souvent dans le secteur bancaire et énergétique, simplement parce que ce sont les noms les plus visibles et reconnaissables. C'est ce qu'on appelle le biais domestique (home-country bias), et cela peut rendre un portefeuille plus exposé aux soubresauts de quelques secteurs qu'on ne le voudrait. Le Canada représente une petite part des marchés mondiaux, alors inclure intentionnellement une exposition internationale et américaine, en plus des titres canadiens, mérite généralement d'être considéré comme une partie du plan diversifié, et non comme un détail secondaire.
Les marchés baissent parfois. Ce n'est pas une anomalie, c'est une partie normale de l'investissement. L'erreur coûteuse, ce n'est pas de vivre une baisse, c'est de vendre au creux par peur et de transformer une perte temporaire en perte qui aurait autrement pu se résorber avec le temps. Avoir un plan établi à l'avance, idéalement écrit, aide à garder le cap quand les manchettes deviennent alarmantes et que tout le monde autour semble réagir. Si une baisse change réellement votre tolérance au risque, cela mérite d'être abordé, mais la décision devrait venir d'une réflexion posée, pas d'une réaction de panique sur le coup.
Investir avant d'avoir un coussin de liquidités est une erreur de séquençage fréquente. Sans fonds d'urgence, une dépense imprévue ou une perte d'emploi peut vous forcer à vendre des placements à un moment inopportun, potentiellement à perte, juste pour couvrir une facture. Se constituer une réserve de liquidités, même modeste, avant d'augmenter ses investissements, et la garder accessible plutôt qu'immobilisée sur les marchés, protège le plan à long terme des chocs à court terme et réduit les chances d'avoir un jour à vendre en pleine baisse par nécessité.
Il est difficile de savoir si votre diversification, vos frais et votre répartition d'actifs font réellement ce que vous souhaitez si vous ne regardez jamais l'ensemble du portrait. Certains investisseurs évitent de vérifier simplement parce que rassembler les chiffres de plusieurs comptes et institutions semble compliqué, surtout une fois qu'un portefeuille regroupe plusieurs comptes enregistrés et non enregistrés. Utiliser un outil qui regroupe vos avoirs au même endroit, comme WealthWise, facilite le repérage d'une concentration excessive, de frais qui s'accumulent, ou d'un écart par rapport à votre répartition cible, sans avoir à se connecter à cinq plateformes différentes pour reconstituer le portrait.
Aucune de ces erreurs n'est unique au Canada, mais le paysage particulier des comptes enregistrés, le biais domestique envers un petit marché national et une méconnaissance générale des structures de frais rendent certaines d'entre elles particulièrement fréquentes ici. Le point encourageant, c'est que les éviter n'exige pas une connaissance parfaite dès le premier jour. Cela demande un plan, un peu de constance, et des suivis périodiques plutôt qu'une réaction constante. De petites améliorations régulières s'accumulent, tout comme les rendements, et tout débutant qui s'en tient aux bases finit généralement par constater que les fondamentaux ont compté bien plus que n'importe quelle décision isolée.
Il n'y a pas de réponse universelle puisque cela dépend de vos objectifs et de vos revenus, mais la plupart des débutants ont avantage à prioriser les comptes enregistrés comme le CELI et le REER avant d'utiliser un compte non enregistré, puisque les deux offrent des avantages fiscaux qu'un compte ordinaire n'a pas.
Le vérifier souvent n'est pas nuisible en soi, mais cela peut mener à de la surtransaction ou à des décisions émotives si les fluctuations de prix vous poussent à agir. Beaucoup d'investisseurs trouvent plus facile de respecter leur plan en faisant le point selon un calendrier fixe, comme mensuel ou trimestriel, plutôt que quotidien.
Regardez quel pourcentage de vos avoirs est canadien par rapport à international. Si la vaste majorité de votre portefeuille repose sur un petit nombre d'entreprises ou de secteurs canadiens familiers, c'est un signe que votre répartition pourrait être plus concentrée que prévu.
En général, la priorité est d'avoir d'abord un fonds d'urgence de base en place afin de ne pas être forcé de vendre des placements pour couvrir une dépense imprévue. Au-delà de ça, bien des débutants commencent à investir avec des cotisations modestes et régulières plutôt que d'attendre d'avoir épargné une grosse somme.
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